Indemnités journalières : calcul, plafond et délais en 2026
Les indemnités journalières (IJSS) remplacent une partie de votre salaire pendant un arrêt maladie : 50 % du salaire journalier de base, versées par la CPAM à partir du 4e jour d’arrêt, dans la limite de 42,97 € brut par jour pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026. Elles sont payées en moyenne tous les 14 jours et ne couvrent, dans le meilleur des cas, que la moitié de votre brut.
C’est là que beaucoup de salariés découvrent l’écart entre « être couvert » et être payé. Le plafond a été abaissé en 2025, la carence de trois jours n’a pas bougé, et le complément de l’employeur arrive plus tard qu’on ne le croit. Cette page détaille le calcul, les conditions et les délais. Elle complète le guide général sur l’arrêt maladie.
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Le droit aux IJ ne dépend pas de l’ancienneté chez l’employeur mais de votre activité récente, appréciée par la CPAM à la date de l’arrêt. Les conditions se durcissent quand l’arrêt se prolonge.
- Arrêt de moins de 6 mois : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédents, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 mois précédents.
- Arrêt de plus de 6 mois : être affilié depuis au moins 12 mois et avoir travaillé au moins 600 heures sur les 12 mois précédents, ou avoir cotisé sur au moins 2 030 fois le SMIC horaire.
L’arrêt doit être envoyé à la CPAM et à l’employeur dans les 48 heures. Un envoi tardif expose à un avertissement, puis à une réduction des indemnités en cas de récidive dans les 24 mois. Avec un arrêt dématérialisé transmis par le médecin, la partie CPAM est faite à votre place, mais l’employeur doit toujours recevoir son volet.
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Calcul des indemnités journalières : la formule et le plafond
Le calcul des IJSS suit trois étapes. La CPAM additionne vos trois derniers salaires bruts avant l’arrêt, divise le total par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base, puis en retient la moitié.
Le piège tient au plafond. Depuis le 1er avril 2025 (décret n° 2025-160), les salaires pris en compte sont limités à 1,4 SMIC mensuel, contre 1,8 auparavant, soit environ 2 613,82 € brut par mois depuis la revalorisation de juillet 2026. Au-delà, chaque euro de salaire ne compte plus. L’indemnité maximale est donc de 42,97 € brut par jour (elle était de 41,95 € jusqu’en juin 2026). Un cadre à 4 500 € brut et un technicien à 2 700 € touchent exactement la même somme de la Sécu.
| Salaire brut mensuel | Salaire journalier de base | IJ brute par jour | IJ sur 30 jours d’arrêt (27 jours payés) |
|---|---|---|---|
| 1 867 € (SMIC) | 61,38 € | 30,69 € | 828,63 € |
| 2 000 € | 65,75 € | 32,88 € | 887,76 € |
| 2 500 € | 82,19 € | 41,10 € | 1 109,70 € |
| 3 000 € et plus | 85,93 € (plafond) | 42,97 € | 1 160,19 € |
Les IJ sont ensuite soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %), et restent imposables, sauf pour une affection de longue durée. Le montant net est donc un peu inférieur à celui du tableau.
Montant : 50 % du salaire journalier de base (3 derniers salaires ÷ 91,25). Plafond : salaires retenus à 1,4 SMIC, soit 42,97 € brut par jour au plus depuis le 1er juillet 2026. Carence : 3 jours, versement dès le 4e jour. Durée : 360 jours sur 3 ans, 3 ans par arrêt en affection de longue durée. Envoi de l’arrêt : 48 heures. Paiement : tous les 14 jours en moyenne.
Carence, durée et indemnités journalières après 6 mois d’arrêt
Les trois premiers jours de chaque arrêt ne sont pas indemnisés par la Sécu. La carence ne s’applique pas à une prolongation, ni à un nouvel arrêt pour la même affection de longue durée, sous conditions. Elle ne s’applique pas non plus à l’accident du travail, qui obéit à un autre régime.
Pour un arrêt maladie ordinaire, vous ne pouvez percevoir plus de 360 indemnités journalières sur une période de trois ans, tous arrêts confondus. En affection de longue durée, l’indemnisation peut durer jusqu’à trois ans par arrêt. Les indemnités journalières après 6 mois d’arrêt supposent les conditions renforcées vues plus haut, et le service médical de la CPAM contrôle plus souvent la justification de l’arrêt. Il peut à tout moment estimer l’arrêt non justifié et cesser les versements : vous avez alors un recours devant la commission médicale de recours amiable.
Simulation IJSS maladie : estimer sa perte avant l’arrêt
Le simulateur du compte ameli donne une estimation, mais vous pouvez la refaire en cinq minutes avec vos trois derniers bulletins de paie. La méthode tient en quatre étapes :
- Relevez le salaire brut de chacun des trois mois précédant l’arrêt, primes mensuelles comprises, et ramenez chaque mois au plafond de 2 613,82 € s’il le dépasse.
- Additionnez les trois montants et divisez par 91,25 : vous obtenez le salaire journalier de base.
- Divisez par deux : c’est votre IJ brute, à multiplier par le nombre de jours d’arrêt moins les 3 jours de carence.
- Retirez environ 6,7 % de CSG et de CRDS pour obtenir le net, puis ajoutez le complément de l’employeur s’il est dû.
Deux situations faussent souvent le calcul. Si vous avez plusieurs employeurs, tous les salaires sont additionnés, dans la limite du plafond global. Si vous êtes à temps partiel, l’indemnité suit le salaire réellement perçu, mais vous devez toujours remplir la condition des 150 heures sur trois mois : en dessous, la CPAM ne verse rien, quel que soit le motif de l’arrêt.
Attestation de salaire, subrogation et complément employeur
La CPAM ne paie rien tant qu’elle n’a pas reçu l’attestation de salaire pour le paiement des indemnités journalières. C’est l’employeur qui la transmet, aujourd’hui en général par la déclaration sociale nominative. Un retard de plusieurs semaines est fréquent, surtout dans les petites entreprises. Si rien n’arrive après 15 jours, relancez le service paie par écrit, puis signalez-le à la CPAM depuis votre compte ameli.
Avec la subrogation, l’employeur maintient votre salaire et perçoit les IJ à votre place : vous n’attendez pas la CPAM. Sans subrogation, vous touchez les IJ directement et l’employeur ne verse que son complément. Ce complément légal (article L1226-1 du Code du travail) suppose un an d’ancienneté et démarre au 8e jour : 90 % du brut, puis les deux tiers, IJ comprises. Les détails par ancienneté figurent sur la page arrêt maladie et salaire.
Au-delà de ce maintien, seule une prévoyance (contrat collectif de l’entreprise ou contrat individuel) prend le relais. Une fois la période de maintien épuisée, un salarié en arrêt long sans prévoyance vit sur 50 % de son brut plafonné, parfois pendant des mois. Vérifiez la notice de votre contrat collectif : beaucoup de salariés ignorent qu’ils en ont un, ou ce qu’il couvre.
Indemnités journalières accident du travail, chômage et licenciement
Les indemnités journalières d’accident du travail sont plus favorables : aucun délai de carence, 60 % du salaire journalier les 28 premiers jours puis 80 %, et un plafond bien plus haut, même s’il baisse pour les accidents survenus à partir du 1er novembre 2026 (65,17 € puis 86,90 € par jour au plus). Le détail est sur la page accident du travail et arrêt maladie.
Un arrêt pendant une période de chômage suspend en principe le versement de l’allocation : la CPAM prend le relais sur la base de vos anciens salaires, et les jours d’arrêt ne sont pas perdus pour vos droits France Travail. La question devient sensible à l’approche d’une fin de droits chômage. Les règles d’articulation sont détaillées dans arrêt maladie et chômage.
Enfin, être en arrêt ne protège pas d’un licenciement, sauf s’il est motivé par l’état de santé lui-même : le sujet est traité dans arrêt maladie et licenciement. En cas de rupture, le salaire de référence des indemnités de licenciement se calcule sur les mois qui précèdent l’arrêt, et non sur les IJ, plus faibles.
Questions fréquentes
Additionnez vos trois derniers salaires bruts avant l’arrêt, plafonnés chacun à 1,4 SMIC mensuel, divisez par 91,25 puis prenez la moitié. Pour 2 000 € brut par mois, l’indemnité est d’environ 32,88 € brut par jour.
42,97 € brut par jour pour les arrêts maladie prescrits depuis le 1er juillet 2026, contre 41,95 € au premier semestre. Il est atteint dès que le salaire brut dépasse environ 2 613,82 € par mois.
À partir du 4e jour d’arrêt, après 3 jours de carence. La CPAM paie ensuite tous les 14 jours en moyenne, une fois reçue l’attestation de salaire transmise par l’employeur.
Être affilié depuis au moins 12 mois et avoir travaillé au moins 600 heures sur les 12 mois précédents, ou avoir cotisé sur au moins 2 030 fois le SMIC horaire. Hors affection de longue durée, le total est limité à 360 indemnités sur 3 ans.
Relancez le service paie par écrit, puis signalez le retard à votre CPAM depuis votre compte ameli. Sans cette attestation, la caisse ne peut pas calculer ni verser vos indemnités.
Oui : pas de carence, 60 % du salaire journalier les 28 premiers jours puis 80 %, avec un plafond plus haut. Pour un accident survenu à partir du 1er novembre 2026, le maximum est de 65,17 € puis 86,90 € par jour.