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Un licenciement sans cause réelle et sérieuse se conteste, mais douze mois après la notification, le droit d’agir disparaît. C’est le premier piège du droit du travail : des protections solides, encadrées par des délais courts. L’indemnité légale de licenciement, elle, suit une règle non négociable à la baisse, un quart de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à dix ans, puis un tiers au-delà (article R1234-2 du Code du travail), dès huit mois dans l’entreprise. Le reste, du préavis au solde de tout compte, dépend de votre situation exacte.

Licenciement, rupture conventionnelle, démission : trois sorties, des droits différents

Le mode de rupture détermine presque tout : l’indemnité, l’accès au chômage et les marges de négociation. Trois voies dominent, avec des conséquences qui n’ont rien d’équivalent.

Le licenciement ouvre droit à indemnité et à l’allocation chômage, sauf faute grave ou lourde, et reste contestable s’il manque de cause réelle et sérieuse. La rupture conventionnelle repose sur un accord signé : plus de 515 000 ont été homologuées en 2024, mais elle se prépare, car l’indemnité versée sert aussi de base au calcul du chômage. La démission ferme en principe la porte des allocations, sauf motif reconnu légitime ou projet de reconversion validé en amont.

Indemnités : ce que la loi garantit, ce que la convention ajoute

Le minimum légal est connu et calculable. Ce qui fait varier le montant final, c’est la convention collective et la part négociée.

Au-delà de l’indemnité de licenciement légale, votre convention collective prévoit souvent un barème plus favorable, qui s’impose alors à l’employeur. Pour vérifier votre dû, le calcul de l’indemnité de licenciement retient un salaire de référence, le plus avantageux entre la moyenne des douze ou des trois derniers mois. La grille des indemnités par ancienneté donne un repère immédiat, et la fraction négociée au-dessus du légal, l’indemnité supra-légale, suit un régime fiscal distinct.

Le chômage ne se déclenche pas tout seul

L’inscription, l’actualisation mensuelle et les conditions d’affiliation conditionnent chaque versement. Les règles se sont durcies, et une échéance approche.

L’allocation chômage suppose une inscription à France Travail, puis une actualisation chaque mois sans laquelle le paiement s’interrompt. Surtout, la réforme de l’assurance chômage 2026 réduit, au 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle, de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans. Un paramètre à intégrer avant de signer quoi que ce soit.

Arrêt maladie et accident du travail : une protection renforcée, pas absolue

L’état de santé modifie les droits et limite, sans l’interdire, le pouvoir de licencier. Deux régimes coexistent, avec des niveaux de protection nettement différents.

Pendant un arrêt maladie, le contrat est suspendu, mais des absences répétées ou une absence prolongée qui désorganise l’entreprise peuvent justifier un licenciement. La protection est plus forte après un accident du travail : le licenciement n’est possible que dans des cas limités, et l’indemnité légale est doublée en cas d’inaptitude d’origine professionnelle (article L1226-14 du Code du travail).

Contester un licenciement : un droit réel, un délai qui court

Saisir le conseil de prud’hommes reste possible, à condition de respecter la prescription et de réunir des preuves. Le gain potentiel, lui, est encadré.

La saisine du conseil de prud’hommes doit intervenir dans les douze mois suivant la notification, pour une contestation portant sur la rupture (article L1471-1 du Code du travail). En cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, les dommages et intérêts sont fixés par le barème dit Macron (article L1235-3), entre un plancher et un plafond fonction de l’ancienneté.

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