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Contrat de travail : types, mentions obligatoires et recours

Un contrat de travail existe dès qu’une personne travaille pour le compte d’une autre, contre une rémunération et sous son autorité. Peu importe le nom donné au document, ou même l’absence de document : c’est la réalité de la relation qui compte. Le CDI à temps plein peut rester oral, mais le CDD, l’intérim et le temps partiel doivent être écrits, sous peine d’être requalifiés à l’avantage du salarié.

Le contrat fixe votre poste, votre salaire, votre durée de travail et les règles du jeu en cas de changement. C’est aussi le document que l’employeur oublie de relire quand il veut vous muter, baisser vos horaires ou rompre une période d’essai. Cette page fait le tour des types de contrats, des mentions obligatoires et des recours, et renvoie vers les guides détaillés du dossier. Elle complète l’ensemble des sujets traités sur Droit Salarié.

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Contrat de travail : définition et critères

Le Code du travail ne donne pas de définition du contrat de travail. Ce sont les juges qui l’ont construite, autour de trois éléments cumulatifs : une prestation de travail, une rémunération et un lien de subordination. Ce dernier critère est décisif. Il existe quand l’employeur a le pouvoir de donner des ordres, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements.

La conséquence est importante : un faux statut d’auto-entrepreneur, un stage qui ressemble à un emploi ou un « coup de main » payé en liquide peuvent être requalifiés en contrat de travail par le conseil de prud’hommes. Le salarié récupère alors ses droits : salaires au minimum conventionnel, congés payés, cotisations, indemnités de rupture. Les situations où l’on travaille sans document signé, et ce qu’elles valent juridiquement, sont détaillées dans notre page Travailler sans contrat.

Le contrat de travail se combine avec deux autres sources de droits. Le Code du travail fixe le socle minimal, et la convention collective de votre branche l’améliore souvent : salaire minimum par coefficient, prime d’ancienneté, maintien de salaire en arrêt maladie, préavis plus long. En cas de conflit entre ces textes, la règle la plus favorable au salarié s’applique dans la plupart des domaines.

📌 Ce qu'il faut retenir

Le contrat de travail repose sur 3 critères : travail, salaire, subordination. Sans écrit, le contrat est présumé être un CDI à temps plein. Le CDD doit être remis au salarié dans les 2 jours ouvrables suivant l’embauche. La période d’essai d’un CDI dure au plus 2, 3 ou 4 mois selon la catégorie, renouvellement compris jusqu’à 4, 6 ou 8 mois.

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Les types de contrat de travail

Le contrat à durée indéterminée est la forme normale de la relation de travail, rappelée par l’article L1221-2 du Code du travail. Tous les autres types de contrat sont des exceptions, encadrées par des cas de recours limités et des durées maximales. Quand l’employeur sort de ces cases, le juge peut requalifier le contrat en CDI.

Type de contratÉcrit obligatoireCe qu’il faut savoir
CDI à temps pleinNonForme normale, rupture encadrée (démission, licenciement, rupture conventionnelle)
CDI à temps partielOuiDurée du travail et répartition des horaires obligatoirement indiquées
CDDOuiMotif précis, 18 mois maximum dans le cas général, indemnité de fin de contrat de 10 %
IntérimOuiContrat de mission signé avec l’agence, même logique de motif et de durée que le CDD
Contrat saisonnierOuiCDD lié à des tâches qui reviennent chaque année à la même période
Apprentissage et professionnalisationOuiContrats en alternance, formation et emploi combinés

Le CDD ne peut pas servir à pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale de l’entreprise. Il est réservé à des cas listés : remplacement d’un salarié absent, accroissement temporaire d’activité, emploi saisonnier. Sa durée maximale est de 18 mois, renouvellements compris, dans le cas général, et il donne droit à une indemnité de fin de contrat égale à 10 % de la rémunération brute totale, sauf exceptions.

Le contrat d’intérim fonctionne à trois : vous êtes salarié de l’agence, qui vous met à disposition d’une entreprise utilisatrice. Le contrat saisonnier est une variante du CDD pour le tourisme, l’agriculture ou les remontées mécaniques. Le contrat étudiant n’est pas un type juridique à part : c’est le plus souvent un CDD ou un temps partiel, avec les mêmes droits que les autres salariés.

Les jeunes ont un régime protecteur. Il est possible de travailler à 16 ans, et dès 14 ans pendant une partie des vacances scolaires, avec des durées maximales, des pauses et des interdictions de travail de nuit plus strictes que pour les adultes.

Contrat de travail écrit : quand il est obligatoire

Le CDI à temps plein n’a pas besoin d’être écrit. En pratique, presque tous les employeurs en rédigent un, et l’absence d’écrit joue contre eux : sans document, le contrat est présumé conclu pour une durée indéterminée et à temps plein. Pour tous les autres contrats, l’écrit est une condition de validité.

  • CDD et intérim : le contrat doit mentionner un motif précis. Sans écrit, il est réputé conclu pour une durée indéterminée. Il doit être transmis au salarié au plus tard dans les deux jours ouvrables qui suivent l’embauche (article L1242-13 du Code du travail).
  • Temps partiel : l’écrit doit préciser la durée hebdomadaire ou mensuelle et sa répartition. À défaut, le salarié peut demander la requalification en temps plein.
  • Contrat de travail et CESU : chez un particulier employeur, la déclaration au chèque emploi-service universel vaut contrat tant que le travail ne dépasse pas trois heures par semaine en moyenne sur quatre semaines (article L1271-5). Au-delà, un contrat écrit est obligatoire.

Même sans contrat écrit, l’employeur doit vous remettre par écrit les informations principales de la relation de travail. Depuis la transposition de la directive européenne de 2019, une partie doit être fournie dans les sept jours suivant l’embauche (identité des parties, poste, date d’embauche, rémunération, durée du travail), le reste dans le mois.

Avant la signature, une promesse d’embauche peut déjà vous engager tous les deux. Si elle précise le poste, la rémunération et la date d’entrée, et que l’employeur se rétracte après votre acceptation, la rupture s’analyse comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Contrat de travail type : les clauses à vérifier

Un contrat de travail type contient l’identité des parties, l’intitulé du poste et la qualification, le lieu de travail, la durée du travail, la rémunération et ses accessoires, la convention collective applicable et, le cas échéant, la durée de la période d’essai. Le contrat doit être rédigé en français ; un salarié étranger peut en demander une traduction dans sa langue.

La période d’essai n’existe que si elle est prévue dans le contrat ou la lettre d’engagement. Pour un CDI, elle dure au maximum 2 mois pour les ouvriers et employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 4 mois pour les cadres (article L1221-19). Elle n’est renouvelable qu’une fois, si un accord de branche le permet et si vous l’acceptez par écrit.

Catégorie (CDI)Durée maximaleAvec renouvellement
Ouvriers et employés2 mois4 mois
Agents de maîtrise et techniciens3 mois6 mois
Cadres4 mois8 mois

Certaines clauses méritent une lecture attentive avant de signer. La clause de mobilité permet à l’employeur de vous affecter ailleurs, à condition de définir précisément la zone géographique concernée. La clause de non-concurrence n’est valable qu’avec une contrepartie financière. La clause d’exclusivité ne peut pas s’appliquer à un salarié à temps partiel qui cherche à compléter ses revenus.

Exemple : Julie, employée administrative, signe un CDI qui prévoit une période d’essai de 3 mois. La loi plafonne la sienne à 2 mois. Au bout de 10 semaines, l’employeur met fin à l’essai. La clause étant illicite au-delà de 2 mois, Julie était déjà définitivement embauchée : la rupture est un licenciement sans procédure, et elle peut réclamer préavis, indemnités et dommages-intérêts devant les prud’hommes.

Modifier, suspendre ou rompre le contrat de travail

L’employeur ne peut pas modifier seul un élément essentiel du contrat : rémunération, durée du travail, qualification, lieu de travail hors secteur géographique. Il doit obtenir votre accord, en principe par un avenant au contrat de travail. Un simple changement des conditions de travail (horaires dans la même journée, tâches correspondant à votre qualification) relève en revanche de son pouvoir de direction, et un refus peut être sanctionné.

Le contrat peut aussi être suspendu sans être rompu : arrêt maladie, congé maternité, congé parental, accident du travail. Pendant la suspension, vous restez salarié et l’employeur ne peut pas vous licencier pour ce motif. La salariée enceinte bénéficie d’une protection renforcée contre le licenciement, détaillée dans notre guide sur les droits de la femme enceinte au travail. Les questions de visites médicales, d’aménagement de poste et de risques professionnels sont regroupées dans le dossier Santé au travail.

La rupture du CDI prend plusieurs formes : démission, rupture conventionnelle, licenciement. Les différents types de licenciement n’obéissent pas aux mêmes règles : motif personnel ou économique, faute simple, grave ou lourde, licenciement pour inaptitude après avis du médecin du travail, ou licenciement collectif quand plusieurs postes sont supprimés.

Quand l’employeur manque gravement à ses obligations (salaire non versé, harcèlement, modification imposée), vous n’êtes pas obligé de démissionner. La résiliation judiciaire du contrat de travail permet de demander au juge de rompre le contrat aux torts de l’employeur, tout en continuant à travailler pendant la procédure. Si elle est prononcée, elle produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Quelle que soit la cause de la rupture, l’employeur doit vous remettre les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail et reçu pour solde de tout compte. Sans l’attestation, l’inscription au chômage se complique, et chaque jour de retard peut se chiffrer en indemnités perdues.

Exemple : Karim enchaîne cinq CDD de trois mois pour « accroissement temporaire d’activité » sur le même poste de préparateur de commandes, payé 2 000 € brut par mois. Le poste correspond en réalité à l’activité normale de l’entrepôt. Devant les prud’hommes, il obtient la requalification en CDI et une indemnité de requalification d’au moins un mois de salaire, soit 2 000 €, en plus des indemnités de licenciement si la relation a été rompue au terme du dernier CDD.

Vos recours en cas de litige sur le contrat

Un litige sur l’exécution ou la rupture du contrat de travail se règle devant le conseil de prud’hommes. Les délais sont courts : 12 mois pour contester un licenciement, 2 ans pour une action portant sur l’exécution du contrat, 3 ans pour un rappel de salaire. Avant d’en arriver là, une lettre recommandée qui cite l’article du Code du travail en cause suffit souvent à débloquer la situation.

Conservez tout : contrat, avenants, bulletins de paie, plannings, mails de l’employeur. Ce sont ces pièces qui feront la différence. Et si le contrat lui-même ne vous convient plus, qu’il s’agisse d’un poste sans perspective ou d’une succession de contrats précaires, le bilan de compétences, finançable par le CPF, sert à préparer une reconversion avant de partir plutôt qu’après.

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Questions fréquentes

Le CDI est la forme normale. Les autres types sont des exceptions encadrées : CDD, contrat d’intérim, contrat saisonnier, contrats en alternance (apprentissage, professionnalisation). Chacun peut être à temps plein ou à temps partiel.

La déclaration au CESU vaut contrat de travail tant que l’emploi ne dépasse pas trois heures par semaine en moyenne sur quatre semaines. Au-delà, un contrat écrit est obligatoire (article L1271-5 du Code du travail).

Non, le CDI à temps plein peut être verbal. L’employeur doit toutefois remettre par écrit les informations essentielles, en partie sous sept jours et le reste sous un mois. Le CDI à temps partiel, lui, doit être écrit.

Un CDD sans écrit est réputé conclu pour une durée indéterminée. Le salarié peut demander sa requalification en CDI devant le conseil de prud’hommes et obtenir une indemnité d’au moins un mois de salaire.

Non pour un élément essentiel : salaire, durée du travail, qualification ou lieu de travail hors secteur. Il faut votre accord, en général par avenant. Un simple changement des conditions de travail relève en revanche de son pouvoir de direction.