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Estimer mes droits

Réforme de l’assurance chômage 2026 : ce qui change pour vous

Parler d’une seule réforme de l’assurance chômage en 2026 fausse déjà le tableau. Ce que l’on désigne ainsi tient en réalité à une série d’avenants greffés sur la convention du 15 novembre 2024, chacun avec sa propre date d’entrée en vigueur. Le changement le plus lourd pour les salariés arrive le 1er septembre 2026 et vise un dispositif précis, la rupture conventionnelle, dont la durée d’indemnisation baisse de trois mois.

Le socle, lui, ne bouge pas. Il faut toujours avoir travaillé six mois sur les vingt-quatre derniers pour ouvrir des droits, et l’ensemble des règles de l’assurance chômage reste piloté par la même convention jusqu’au 31 décembre 2028. Comprendre 2026, c’est surtout distinguer les quelques paramètres qui évoluent des nombreux qui restent identiques, sous un vocabulaire souvent confondu.

Trois variables commandent désormais ce que vous toucherez et pendant combien de temps : votre âge, la conjoncture économique via un coefficient rarement expliqué, et depuis cette réforme, le motif même de votre départ.

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Salaire, durée travaillée, âge : votre allocation et sa durée, calculées sur les règles applicables en 2026.

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Une réforme en plusieurs vagues, pas un big bang

Aucun texte unique ne refond le régime cette année. Les évolutions 2026 sont des avenants négociés par les partenaires sociaux, agréés par le gouvernement puis appliqués à des dates échelonnées. Résultat, un même demandeur d’emploi peut relever de règles différentes selon la date de fin de son contrat.

📌 Le calendrier 2026 en bref

Trois dates structurent l’année. Au 1er mars 2026, le bonus-malus employeurs change de périmètre. Au 1er avril 2026, les allocations sont revalorisées et les primo-entrants peuvent ouvrir des droits après 5 mois de travail au lieu de 6. Au 1er septembre 2026, la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans.

La convention du 15 novembre 2024 fixe le cadre depuis le 1er janvier 2025 et court jusqu’au 31 décembre 2028. C’est elle qui a instauré le versement mensualisé et aligné les règles seniors sur le recul de l’âge de la retraite. Les avenants 2026 ne la remplacent pas, ils ajustent quelques paramètres. À noter que le régime a connu sept réformes successives depuis 2017, presque toujours dans le sens d’un resserrement des droits, et qu’un cadrage budgétaire rectificatif du gouvernement peut rouvrir le dossier avant 2028.

DateMesureQui est concerné
1er mars 2026Nouveau périmètre du bonus-malus, calcul par sous-secteur d’activitéEmployeurs de 11 salariés et plus des secteurs visés
1er avril 2026Revalorisation des allocations, ouverture des droits à 5 mois pour les primo-entrantsTous les allocataires ; demandeurs jamais indemnisés depuis 20 ans
1er septembre 2026Durée d’indemnisation réduite après une rupture conventionnelleSalariés quittant leur poste par rupture conventionnelle

Le volet bonus-malus concerne les employeurs, pas directement l’allocataire, mais il pèse sur la précarité : plus une entreprise génère de fins de contrat suivies d’inscriptions à France Travail, plus sa cotisation chômage augmente. Depuis le 1er mars 2026, la comparaison se fait au niveau du sous-secteur d’activité, et les ruptures pour inaptitude non professionnelle comme les licenciements pour faute grave sont exclus du calcul.

Rupture conventionnelle : la durée d’indemnisation raccourcie au 1er septembre

C’est le vrai tournant de 2026 pour les salariés. La loi du 11 juin 2026, qui transpose l’avenant du 25 février, réduit la durée maximale d’indemnisation des personnes qui partent par rupture conventionnelle individuelle. Le motif du départ devient une variable de calcul, ce qui n’existait pas jusqu’ici : la durée dépendait de l’âge et de l’activité antérieure, pas de la façon dont le contrat s’était terminé.

SituationDurée maximale avantÀ partir du 1er septembre 2026
Moins de 55 ans18 mois15 mois
55 ans et plus22,5 mois (55-56 ans) à 27 mois (57 ans et plus)20,5 mois
Outre-mer, moins de 55 ans (hors Mayotte)18 mois20 mois
Outre-mer, 55 ans et plus (hors Mayotte)22,5 mois30 mois

La logique du gouvernement est budgétaire : la rupture conventionnelle représentait en 2024 près d’un quart des dépenses du régime, soit 9,4 milliards d’euros, pour environ 19 % des ouvertures de droits. La mesure vise les départs qui se substituent à des démissions, lesquelles n’ouvrent en principe aucun droit. En contrepartie de la baisse, l’accord prévoit un accompagnement renforcé par France Travail dès le premier entretien, et les allocataires de 55 ans et plus peuvent demander une prolongation au-delà du douzième mois, sous réserve de l’examen de leur situation.

Exemple : un salarié de 42 ans qui quitte son poste par rupture conventionnelle en octobre 2026, avec deux ans d’activité, voit sa durée d’indemnisation plafonnée à 15 mois au lieu de 18. À allocation journalière égale, cela représente environ trois mois de versement en moins.

Un point de vigilance : à la date de publication, plusieurs textes d’application de cette réforme restaient attendus. La règle s’applique aux ruptures dont la fin de contrat intervient à compter du 1er septembre 2026, mais les modalités précises de traitement des dossiers en cours peuvent encore être ajustées par arrêté.

Primo-entrants : cinq mois de travail, sous réserve d’un arrêté

La convention de 2024 avait prévu d’abaisser la condition d’accès pour deux publics fragiles. Les travailleurs saisonniers en bénéficient depuis le 1er avril 2025 : cinq mois de travail sur vingt-quatre suffisent, au lieu de six. La même souplesse est étendue en 2026 aux primo-entrants, c’est-à-dire aux demandeurs d’emploi qui n’ont jamais perçu d’allocation chômage au cours des vingt dernières années.

Cette extension supposait d’abord une base légale, apportée par la loi de transposition, qui complète l’article du Code du travail encadrant les conditions d’activité antérieure. Elle vise en pratique des profils souvent jeunes, aux parcours discontinus. Prévue pour le 1er avril 2026, son application effective dépend d’un arrêté qui, à la date de publication, n’était pas encore paru. Tant qu’il ne l’est pas, la règle des six mois reste la référence pour ce public.

Ce qui ne change pas : durée, coefficient et dégressivité

L’essentiel du calcul reste identique en 2026, et c’est souvent là que naît la confusion. La condition d’ouverture n’a pas bougé : six mois de travail, soit 130 jours ou 910 heures, sur les vingt-quatre derniers mois, portés à trente-six mois pour les 55 ans et plus. La durée dépend ensuite du nombre de jours travaillés et de l’âge, plafonnée à 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois de 55 à 56 ans et 27 mois à partir de 57 ans, sans jamais descendre sous un plancher de six mois.

Le coefficient de contracyclicité, en vigueur depuis février 2023, reste lui aussi actif. Quand le taux de chômage passe sous 9 % et n’augmente pas de plus de 0,8 point sur un trimestre, la durée théorique est réduite de 25 %. Le chômage tournant autour de 8 % début 2026, la période dite verte s’applique, et ce coefficient joue pour la plupart des allocataires. Un complément de fin de droits peut prolonger l’indemnisation si la conjoncture se dégrade en fin de parcours.

Exemple : un an de travail continu ouvre 365 jours de droits en théorie. Le coefficient de 0,75 les ramène à 274 jours indemnisés, soit environ neuf mois, tant que le chômage reste sous 9 %.

Le montant se calcule toujours à partir du salaire journalier de référence, avec deux formules dont la plus avantageuse est retenue, autour de 57 % du salaire brut dans la plupart des cas. La dégressivité, enfin, ne concerne que les hauts revenus : une baisse de 30 % à partir du septième mois pour les allocataires de moins de 55 ans dont l’allocation dépasse 92,57 € par jour, soit environ 4 940 € brut mensuels, avec un plancher fixé à ce même montant journalier.

  • Condition d’accès inchangée : 6 mois de travail sur 24 mois
  • Durées maximales stables : 18, 22,5 et 27 mois selon l’âge
  • Coefficient de 0,75 toujours appliqué en période de faible chômage
  • Versement mensualisé sur 30 jours depuis avril 2025
  • Dégressivité réservée aux allocations supérieures à 92,57 € par jour

Seniors : un statut suspendu à la réforme des retraites

Les règles applicables aux fins de carrière sont les plus mouvantes. La convention de 2024 a relevé de deux ans les bornes d’âge de la filière senior, pour tenir compte du report de l’âge légal de départ. C’est ce décalage qui a fait passer les seuils de durée allongée à 55 et 57 ans. Depuis avril 2025, les allocataires de 55 ans et plus échappent aussi à la dégressivité, même lorsque leur allocation dépasse le seuil.

Le maintien de l’indemnisation jusqu’à la retraite à taux plein reste possible sous conditions strictes : justifier de douze ans d’affiliation, dont un an continu ou deux ans discontinus au cours des cinq dernières années, et avoir atteint un âge minimum qui varie selon l’année de naissance. Ces bornes avaient été calées sur la réforme des retraites. Or celle-ci a été suspendue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ce qui rend une partie de ces seuils susceptibles d’être à nouveau modifiés. Un plan complémentaire en faveur des seniors a par ailleurs été annoncé pour l’automne 2026, sans contours définitifs à ce stade.

Vos droits dépendent d’abord de votre départ

Le motif de votre départ commande désormais une partie de vos droits, ce qui rend utile de le vérifier avant tout engagement. Après un licenciement, économique ou personnel, la durée suit les règles générales sans pénalité liée au motif : les modalités du chômage après un licenciement restent inchangées en 2026. Après une rupture conventionnelle, c’est l’inverse, la durée baisse au 1er septembre, et le détail du chômage après une rupture conventionnelle mérite d’être regardé de près avant de signer. La démission, elle, n’ouvre en principe aucun droit, sauf motif reconnu comme légitime ou projet de reconversion validé.

Quel que soit votre cas, vos droits au chômage reposent sur votre affiliation et votre âge, puis se concrétisent par une série de démarches auprès de France Travail à respecter dans les délais pour ne pas retarder le premier versement. Une erreur d’inscription ou une pièce manquante coûte souvent plus cher, en temps, qu’un point de règle mal compris.

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Un avocat en droit du travail peut vérifier votre situation et sécuriser votre départ avant que vous ne signiez.

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Questions fréquentes

Non. Le mode de calcul de l’allocation ne change pas, et les montants ont même été revalorisés au 1er avril 2026, avec un minimum net de 32,13 € par jour. Seule la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle est réduite.

Au 1er septembre 2026. La durée maximale passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans et à 20,5 mois pour les 55 ans et plus. Elle s’applique aux fins de contrat intervenant à compter de cette date, sous réserve des textes d’application.

Oui, en règle générale : 6 mois sur les 24 derniers. Deux exceptions à 5 mois existent, pour les saisonniers depuis avril 2025 et pour les primo-entrants jamais indemnisés depuis 20 ans, cette dernière mesure restant soumise à la parution d’un arrêté.

Oui. Le taux de chômage restant sous 9 % début 2026, la durée théorique est réduite de 25 %. Un an de travail donne donc environ neuf mois d’indemnisation, sans jamais descendre sous le plancher de six mois.

Non. Depuis avril 2025, les allocataires de 55 ans et plus en sont exonérés. La dégressivité de 30 % ne touche que les moins de 55 ans dont l’allocation dépasse 92,57 € par jour, soit environ 4 940 € brut par mois.