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Burn-out : arrêt de travail, indemnités, maladie professionnelle

Un burn-out ouvre droit à un arrêt de travail prescrit par votre médecin traitant, indemnisé comme un arrêt maladie : 50 % du salaire journalier, après 3 jours de carence, dans la limite de 42,97 € brut par jour depuis le 1er juillet 2026. Il peut ensuite être reconnu en maladie professionnelle, mais seulement au cas par cas, devant un comité d’experts, et si l’incapacité permanente prévisible atteint 25 %.

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, n’est pas une maladie au sens de la classification médicale : l’OMS le décrit dans la CIM-11 comme un phénomène lié au travail. Ce flou arrange souvent l’employeur, qui y voit une fragilité personnelle. Le droit, lui, regarde les conséquences : arrêt, indemnisation, protection et responsabilité de l’entreprise. Cette page fait partie du guide Santé au travail.

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Signes du burn-out : reconnaître l’épuisement avant l’effondrement

Les signes du burnout s’installent lentement, ce qui explique qu’on les repère tard. Les médecins les regroupent en trois dimensions, celles du questionnaire de Maslach, l’outil de référence utilisé dans la plupart des tests en ligne.

  • Épuisement émotionnel et physique : fatigue que le week-end ne répare plus, troubles du sommeil, maux de tête ou de dos, infections à répétition.
  • Distance et cynisme : détachement vis-à-vis des collègues ou des clients, irritabilité, sentiment de ne plus reconnaître son métier.
  • Perte d’efficacité : erreurs inhabituelles, difficultés de concentration, impression d’être incompétent malgré des heures en plus.

Un test burn-out en ligne donne une indication, jamais un diagnostic. La phrase « je ne veux plus travailler », le matin, devant la porte du bureau, n’est pas un caprice : c’est souvent le moment où il faut consulter. Le diagnostic relève du médecin traitant, éventuellement d’un psychiatre, qui vérifiera aussi s’il s’agit d’un épisode dépressif, d’un trouble anxieux ou d’un stress post-traumatique. Cette distinction compte, parce que ce sont ces diagnostics, et non le mot « burn-out », que la Sécurité sociale peut reconnaître comme maladie professionnelle.

Le burn-out familial, ou parental, existe aussi, mais il ne relève pas du droit du travail. Seul l’épuisement lié au travail ouvre les recours décrits ici.

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Arrêt de travail pour burn-out : durée, indemnités et sorties

L’arrêt de travail pour burn out est prescrit par le médecin traitant, comme n’importe quel arrêt maladie. Le motif médical n’apparaît pas sur le volet destiné à l’employeur : il n’a pas à savoir pourquoi vous êtes absent. Vous devez transmettre l’arrêt à la CPAM et à l’employeur dans les 48 heures.

La durée n’est fixée par aucun barème. Elle dépend de la gravité de l’épuisement, et l’arrêt maladie burn out dure souvent plusieurs mois, par prolongations successives. Le médecin peut autoriser les sorties libres, fréquentes dans ce cas parce que le repos à domicile ne suffit pas toujours. Sans cette mention, vous devez être chez vous de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, sauf soins ou examens.

Côté argent, la CPAM verse des indemnités journalières à partir du 4e jour : la moitié de vos trois derniers salaires bruts divisés par 91,25, avec un plafond de 42,97 € par jour. Si vous avez un an d’ancienneté, l’employeur complète à partir du 8e jour, à 90 % du brut pendant au moins 30 jours puis aux deux tiers, en vertu de l’article L1226-1 du Code du travail. Votre convention collective peut faire mieux. Le détail figure dans la page arrêt maladie et salaire.

📌 Ce qu'il faut retenir

Arrêt : prescrit par le médecin traitant, envoyé sous 48 heures. Indemnités maladie : 50 % du salaire journalier, carence de 3 jours, 42,97 € brut par jour au plus. Complément employeur : dès 1 an d’ancienneté, 90 % du brut à partir du 8e jour. Maladie professionnelle : hors tableau, comité régional, incapacité prévisible d’au moins 25 %. Si elle est reconnue : 60 % puis 80 % du salaire, sans carence. Visite de reprise : obligatoire après 60 jours d’arrêt maladie.

Burn-out et maladie professionnelle : la voie étroite du comité régional

Aucun tableau de maladie professionnelle ne vise le burn-out ni les troubles psychiques. La reconnaissance passe donc par la procédure hors tableau de l’article L461-1 du Code de la sécurité sociale, alinéa 7. Deux conditions cumulatives s’imposent :

  1. la maladie doit être essentiellement et directement causée par votre travail habituel, ce qui écarte les cas où des difficultés personnelles pèsent autant que le poste ;
  2. elle doit entraîner une incapacité permanente partielle prévisible d’au moins 25 %, évaluée par le médecin-conseil de la CPAM.

Si le seuil est atteint, la caisse transmet le dossier au comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), composé de médecins. Il examine vos certificats, l’avis du médecin du travail et le rapport de l’employeur. Comptez plusieurs mois : la CPAM dispose de 120 jours pour instruire, et de 120 jours de plus lorsqu’elle saisit le comité. Le seuil de 25 % est le principal obstacle : beaucoup de dossiers s’arrêtent là, avant même l’avis du comité.

Ce qui fait la différence, ce sont les preuves du lien avec le travail, réunies tôt : courriels envoyés tard le soir, plannings et relevés d’heures, objectifs impossibles écrits noir sur blanc, alertes adressées à la hiérarchie restées sans réponse, attestations de collègues, passages chez le médecin du travail. Un certificat médical qui décrit précisément le contexte professionnel pèse plus qu’un simple « syndrome anxiodépressif ».

Ce que change la reconnaissance

Une fois la maladie professionnelle reconnue, les indemnités journalières passent au régime des risques professionnels, avec effet rétroactif sur l’arrêt déjà indemnisé : la CPAM régularise la différence. Vous êtes aussi protégé contre le licenciement pendant l’arrêt (article L1226-9 du Code du travail), et un éventuel licenciement pour inaptitude ouvre droit à une indemnité spéciale égale au double de l’indemnité légale.

PointArrêt maladie ordinaireMaladie professionnelle reconnue
Carence3 joursAucune
Indemnités journalières50 % du salaire journalier, 42,97 € par jour au plus60 % les 28 premiers jours, puis 80 %
Licenciement pendant l’arrêtPossible, mais pas à cause de l’état de santéInterdit sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat
Licenciement pour inaptitudeIndemnité légale simpleIndemnité doublée et indemnité compensatrice de préavis
SoinsTicket modérateur selon les règles habituellesPris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale
Exemple : Sophie, comptable à 2 500 € brut, est arrêtée 30 jours pour épuisement. En arrêt maladie ordinaire, la CPAM lui verse 27 jours à 41,10 €, soit 1 109,70 € brut. Si son burn-out est reconnu en maladie professionnelle, le calcul change : environ 49,31 € par jour pendant 28 jours puis 65,74 €, sans carence, soit près de 1 512 € brut. Sur un arrêt de six mois, l’écart dépasse plusieurs milliers d’euros.

L’employeur face au burn-out : obligation de sécurité et recours

L’employeur doit protéger la santé physique et mentale de ses salariés (article L4121-1 du Code du travail). Une surcharge connue, des alertes ignorées, un management par la pression : ce sont des manquements à cette obligation de sécurité, que le conseil de prud’hommes peut sanctionner par des dommages et intérêts, indépendamment de toute reconnaissance par la CPAM.

Quand l’épuisement vient d’agissements répétés d’un manager, la question devient celle du harcèlement moral (article L1152-1). Et si la maladie professionnelle est reconnue, la faute inexcusable de l’employeur peut être recherchée devant le pôle social du tribunal judiciaire : elle majore la rente et ouvre l’indemnisation de préjudices que la Sécurité sociale ne couvre pas, comme les souffrances endurées.

Pendant l’arrêt, l’employeur ne doit pas vous solliciter pour travailler, ni vous convoquer à des réunions. Un appel pour récupérer un mot de passe passe encore ; une série de courriels avec des tâches à traiter constitue une faute qui se garde précieusement, capture à l’appui.

Reprendre ou partir après un burn-out

Après un arrêt maladie d’au moins 60 jours, ou après une maladie professionnelle quelle que soit sa durée, la visite de reprise chez le médecin du travail est obligatoire. Elle doit avoir lieu dans les 8 jours suivant le retour. Pendant un arrêt de plus de 30 jours, vous pouvez aussi demander une visite de pré-reprise : c’est le meilleur moment pour préparer un aménagement de poste, un temps partiel thérapeutique ou un changement d’équipe.

Le médecin du travail peut aussi conclure à une inaptitude, parfois avec la mention que tout maintien dans l’entreprise serait gravement préjudiciable à votre santé. L’employeur est alors dispensé de chercher un reclassement et doit licencier, ce qui ouvre droit aux allocations chômage.

Démissionner sous le coup de l’épuisement est la pire option financière : pas de chômage dans la plupart des cas, pas d’indemnité. La rupture conventionnelle reste possible pendant l’arrêt, à condition que votre consentement soit libre. Signée sous pression, en plein effondrement, elle peut être annulée. Les règles sont détaillées dans la page rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie. Enfin, l’épuisement touche aussi des personnes dont la situation n’a jamais été formalisée : celles qui doivent d’abord prouver leur statut liront la page sur le fait de travailler sans contrat.

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Questions fréquentes

Aucune durée n’est fixée par la loi. Le médecin traitant prescrit l’arrêt puis le prolonge selon votre état, et un arrêt pour burn-out dure souvent plusieurs mois. Après 60 jours d’arrêt, une visite de reprise chez le médecin du travail est obligatoire.

La CPAM verse 50 % du salaire journalier à partir du 4e jour, dans la limite de 42,97 € brut par jour depuis le 1er juillet 2026. Avec un an d’ancienneté, l’employeur complète à partir du 8e jour jusqu’à 90 % du brut. Si le burn-out est reconnu en maladie professionnelle, les indemnités passent à 60 % puis 80 %, sans carence.

Oui, mais hors tableau : la maladie doit être essentiellement et directement causée par le travail et entraîner une incapacité permanente prévisible d’au moins 25 %. Le dossier est alors examiné par le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. Ce sont les diagnostics de dépression, d’anxiété généralisée ou de stress post-traumatique qui sont reconnus.

Une fatigue que le repos ne répare plus, des troubles du sommeil, une irritabilité nouvelle, un détachement vis-à-vis du travail et une baisse d’efficacité malgré plus d’heures. Un test en ligne donne une indication, mais seul un médecin pose le diagnostic.

L’employeur ne peut pas licencier à cause de l’état de santé. En arrêt maladie ordinaire, un licenciement reste possible pour un autre motif réel, comme la désorganisation de l’entreprise imposant un remplacement définitif. Si la maladie professionnelle est reconnue, le licenciement est interdit sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat.

C’est rarement la bonne option : une démission ne donne en principe ni indemnité ni allocations chômage. Mieux vaut passer par le médecin du travail, qui peut proposer un aménagement ou constater une inaptitude, ou négocier une rupture conventionnelle avec un consentement libre.