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Conditions du chômage : qui a droit à l’ARE en 2026 ?

Perdre son emploi n’ouvre pas automatiquement droit au chômage. L’allocation d’aide au retour à l’emploi, l’ARE, répond à sept conditions cumulatives fixées par la convention d’assurance chômage et contrôlées une à une par France Travail. Il suffit qu’une seule manque, le plus souvent la durée d’affiliation, pour que le dossier soit refusé.

Ces critères délimitent l’ensemble du droit chômage : la nature de la rupture, le nombre de jours travaillés, l’inscription dans les délais, la résidence, l’aptitude physique et l’âge. Deux d’entre eux concentrent la quasi-totalité des refus, la privation involontaire d’emploi et l’affiliation minimale.

La plupart de ces conditions se vérifient avant même de quitter son poste. Connaître le seuil des 130 jours travaillés et la liste des ruptures qui comptent évite de découvrir un refus une fois inscrit, quand il est trop tard pour agir sur son dossier.

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Les sept conditions à réunir en même temps

Ces conditions sont cumulatives : toutes doivent être réunies à la date de fin du contrat et au moment de l’inscription. Aucune n’en compense une autre. Un salarié licencié qui n’atteint pas le seuil d’affiliation reste sans droit, au même titre que celui qui a démissionné sans motif reconnu.

📌 En bref

Ouvrir un droit à l’ARE suppose de réunir sept conditions à la fois. Les deux qui recalent le plus de dossiers : avoir travaillé au moins 130 jours (ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, et avoir perdu son emploi de façon involontaire. Une seule condition manquante suffit à faire refuser la demande.

Cinq de ces critères se contrôlent vite. L’inscription à France Travail doit intervenir dans les douze mois suivant la fin du contrat. Il faut résider en France, métropole ou département d’outre-mer, Mayotte exceptée. Le demandeur doit être physiquement apte à occuper un emploi et ne pas remplir les conditions d’âge et de trimestres d’une retraite à taux plein. Il doit enfin rechercher activement un emploi ou suivre une formation inscrite à son contrat d’engagement, le document qui a remplacé l’ancien projet personnalisé d’accès à l’emploi.

  • Avoir perdu son emploi involontairement (licenciement, fin de CDD ou d’intérim, rupture conventionnelle)
  • Justifier d’au moins 130 jours travaillés ou 910 heures sur les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans)
  • S’inscrire à France Travail dans les 12 mois suivant la fin du contrat
  • Rechercher activement un emploi ou suivre une formation prévue au contrat d’engagement
  • Résider en France, métropole ou DOM (hors Mayotte)
  • Être physiquement apte à l’exercice d’un emploi
  • Ne pas remplir les conditions d’une retraite à taux plein

Durée d’affiliation : le seuil qui recale le plus de dossiers

C’est la condition la plus technique et la plus discriminante. Il faut avoir travaillé une durée minimale, appelée durée d’affiliation, avant de s’inscrire. En règle générale, France Travail exige 130 jours travaillés ou 910 heures, soit environ six mois, recherchés sur les 24 derniers mois. Le seuil ne bouge pas passé 55 ans, mais la période d’observation s’étend à 36 mois pour tenir compte des carrières plus fragmentées.

Une dérogation existe depuis le 1er avril 2026. Les primo-entrants, c’est-à-dire les personnes jamais indemnisées au cours des vingt dernières années, et les travailleurs saisonniers peuvent ouvrir un droit avec 108 jours travaillés ou 758 heures, environ cinq mois. Cette règle découle du décret du 28 mars 2026 et de la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024.

SituationDurée d’affiliation minimalePériode de référence
Moins de 55 ans (règle générale)130 jours ou 910 heures (≈ 6 mois)24 derniers mois
55 ans et plus130 jours ou 910 heures (≈ 6 mois)36 derniers mois
Primo-entrant ou saisonnier (depuis avril 2026)108 jours ou 758 heures (≈ 5 mois)24 ou 36 mois selon l’âge

Les jours proviennent d’un ou plusieurs employeurs, cumulés sur la période. Sur une même semaine civile, cinq jours au maximum sont retenus, et un jour travaillé pour deux emplois simultanés ne compte qu’une fois. Les périodes de formation peuvent être assimilées à du travail, dans la limite des deux tiers des jours déjà validés. En revanche, un congé sans solde d’au moins un mois civil, un congé sabbatique ou une activité indépendante hors du champ de l’assurance chômage ne comptent pas.

Si le dernier contrat ne suffit pas à lui seul, France Travail examine un contrat antérieur, à condition qu’il ait pris fin dans les douze mois précédant l’inscription et qu’aucune allocation n’ait déjà été versée à ce titre. Les formations rémunérées par France Travail échappent à cette logique d’assimilation. Sans aucune période suffisante sur la fenêtre de référence, aucun droit ne s’ouvre, quelle que soit la nature de la rupture.

Exemple : un salarié de 40 ans en fin de CDD a cumulé 150 jours travaillés sur les 24 derniers mois. Il dépasse le seuil de 130 jours, la condition d’affiliation est remplie. S’il n’avait totalisé que 120 jours, France Travail chercherait un contrat antérieur clos dans les 12 mois précédant l’inscription pour compléter, à condition qu’aucune allocation n’ait déjà été versée pour ce contrat.

Perte involontaire ou démission : la frontière qui décide de tout

L’assurance chômage indemnise une privation involontaire d’emploi. Entrent dans ce cadre le licenciement, quel qu’en soit le motif, la fin d’un CDD, la fin d’une mission d’intérim, la rupture anticipée d’un CDD à l’initiative de l’employeur, ainsi que la rupture conventionnelle et la rupture d’un commun accord. Dans tous ces cas, l’accès à l’ARE reste ouvert dès lors que les autres conditions sont réunies.

La démission, elle, ferme en principe la porte, le départ étant volontaire. Deux voies la rouvrent. La première regroupe les démissions dites légitimes, dont la liste est fixée par la réglementation et reste limitée : suivre un conjoint muté pour raison professionnelle, fuir des violences conjugales, ou d’autres situations précises reconnues par France Travail. La seconde est la démission pour projet de reconversion, réservée à ceux qui justifient d’au moins cinq ans d’activité continue et dont le projet a été validé en amont, après un conseil en évolution professionnelle.

Un piège se cache dans les reprises courtes. Quitter volontairement un poste puis enchaîner un contrat qui dure moins de 65 jours travaillés, ou moins de 455 heures, ne rouvre aucun droit : le départ volontaire initial reste déterminant. À l’inverse, une reprise plus longue efface l’effet de la démission antérieure et permet de retrouver l’accès à l’indemnisation.

Dossier refusé : les cas où il peut encore être réétudié

Un refus n’est pas toujours définitif. Après une démission non légitime, la commission paritaire régionale peut réexaminer la situation au terme de 121 jours de chômage, soit environ quatre mois, en tenant compte des démarches réelles de recherche d’emploi. Ce réexamen n’est pas automatique : il se demande, et il s’appuie sur des preuves concrètes.

Quand le refus porte sur l’affiliation, la vérification d’un contrat antérieur constitue souvent la première piste. Reprendre une activité d’au moins 130 jours ouvre par ailleurs un rechargement des droits ARE, mécanisme distinct de la première ouverture. Enfin, une décision jugée erronée peut être contestée par un recours amiable auprès de France Travail, puis, si le désaccord persiste, devant le médiateur de l’organisme.

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Une fois l’éligibilité acquise, trois questions suivent aussitôt : le montant chômage, calculé à partir du salaire journalier de référence, la durée indemnisation chômage, qui dépend directement de votre affiliation, et le délai carence chômage, qui repousse le premier versement selon vos indemnités de rupture.

Questions fréquentes

En principe non, car la démission est un départ volontaire. Font exception les démissions légitimes prévues par la réglementation et la démission pour projet de reconversion validé. Un réexamen reste possible après 121 jours de chômage.

Au moins 130 jours travaillés ou 910 heures sur les 24 derniers mois, ou sur 36 mois à partir de 55 ans. Depuis le 1er avril 2026, les primo-entrants et les saisonniers peuvent ouvrir un droit avec 108 jours ou 758 heures.

Oui. Une rupture conventionnelle homologuée compte comme une perte involontaire d’emploi au sens de l’ARE. Le droit s’ouvre si les autres conditions, dont l’affiliation, sont réunies.

Dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat de travail. Cette inscription est obligatoire : sans elle, aucune allocation n’est versée, même si toutes les autres conditions sont remplies.

Oui, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion relèvent du régime général d’assurance chômage. Seule Mayotte applique des règles spécifiques.