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Estimer mes droits

Montant chômage : ce que vous toucherez vraiment (et pourquoi c’est moins que prévu)

Au quatrième trimestre 2025, 2,7 millions de personnes étaient indemnisées par l’Assurance chômage, pour une allocation moyenne de 1 040 € par mois. Plus de la moitié touchaient moins de 1 000 € net. Ces chiffres cachent une mécanique mal comprise : le montant du chômage ne se déduit pas d’un simple pourcentage du dernier salaire.

France Travail applique deux formules de calcul et retient la plus favorable, puis encadre le résultat par un plancher, un plafond et parfois une baisse en cours d’indemnisation. Le montant dépend surtout du salaire journalier de référence, une notion qui pèse plus lourd que le salaire mensuel affiché sur la fiche de paie. Ce calcul fait partie de vos droits au chômage les plus concrets.

Un point tranche d’emblée : au 1er juillet 2026, aucune revalorisation n’a été appliquée. Les montants fixés un an plus tôt restent en vigueur, une décision que l’Unédic n’avait plus prise depuis 2016.

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Les deux formules de calcul, France Travail garde la plus avantageuse

L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) se calcule à partir d’un montant journalier. France Travail passe votre salaire journalier de référence dans deux formules distinctes et vous verse le résultat le plus élevé. C’est ce montant quotidien, multiplié ensuite par 30, qui fixe votre allocation mensuelle.

📌 L'essentiel du calcul

L’allocation journalière est le montant le plus élevé entre 40,4 % du salaire journalier de référence + 13,18 € et 57 % du SJR. Elle ne peut pas descendre sous 32,13 € par jour ni dépasser 75 % du SJR. Versée sur une base de 30 jours, elle atteint en moyenne de l’ordre de 1 040 € net par mois.

La première formule additionne une part proportionnelle et une part fixe : 40,4 % du SJR, plus 13,18 €. Cette partie fixe est revalorisée chaque 1er juillet, sauf en 2026 où elle a été gelée. La seconde formule est plus simple : 57 % du SJR, sans ajout.

Le basculement entre les deux se joue autour d’un seuil précis. En dessous d’environ 2 400 € brut par mois, la formule avec part fixe l’emporte, car les 13,18 € pèsent proportionnellement plus. Au-dessus, la formule à 57 % prend le relais. Cette bascule explique pourquoi deux salariés aux profils voisins peuvent voir leur allocation calculée différemment.

Le salaire journalier de référence, base de tout le calcul

Le salaire journalier de référence (SJR) est le vrai moteur du montant. Il ne correspond pas à votre salaire mensuel divisé par 30. France Travail additionne l’ensemble de vos rémunérations brutes soumises à cotisations sur une période de référence, puis divise ce total par le nombre de jours calendaires écoulés entre votre premier et votre dernier jour de travail.

La période de référence couvre les 24 mois précédant la fin du contrat pour les moins de 55 ans, et 36 mois pour les 55 ans et plus. Pour deux années pleines travaillées sans interruption, le diviseur avoisine 730 jours. Les primes contractuelles, heures supplémentaires et avantages en nature soumis à cotisations entrent dans le calcul.

Deux règles rabotent le montant pour les périodes creuses ou les hauts salaires. Les jours sans emploi sur la période de référence sont plafonnés à 70 % des jours travaillés depuis le 1er avril 2025, ce qui limite l’effet des inter-contrats. Et seule la part de salaire inférieure à environ 16 020 € brut par mois, soit quatre fois le plafond de la Sécurité sociale, est retenue. Les arrêts maladie, congés maternité ou paternité font l’objet d’une reconstitution de salaire pour ne pas pénaliser le SJR.

Combien touche-t-on selon son salaire ?

Le tableau ci-dessous donne un ordre de grandeur de l’allocation brute mensuelle pour différents niveaux de salaire, en appliquant les deux formules officielles. Ces montants supposent 24 mois travaillés sans interruption, hors primes et hors dégressivité.

Salaire brut mensuelSJR estiméFormule retenueARE brute par mois (30 j)
1 800 €≈ 59 €40,4 % + 13,18 €≈ 1 110 €
2 300 €≈ 76 €40,4 % + 13,18 €≈ 1 310 €
3 000 €≈ 99 €57 % du SJR≈ 1 685 €
4 000 €≈ 132 €57 % du SJR≈ 2 250 €

Ces valeurs sont indicatives et calculées sur le salaire brut, avant retenues sociales. Le montant réellement versé, une fois la CSG, la CRDS et la participation retraite déduites, se situe environ 6 à 7 % en dessous. France Travail affine toujours le calcul selon votre dossier réel.

Exemple : avec 2 300 € brut par mois pendant 24 mois continus, le salaire journalier de référence atteint environ 75,62 €. La première formule donne 43,73 € (40,4 % + 13,18 €), la seconde 43,10 € (57 %). France Travail retient 43,73 € par jour, soit près de 1 312 € brut par mois.

Plancher, plafond et dégressivité : les bornes du montant

Une fois les formules appliquées, trois garde-fous entrent en jeu. Ils expliquent pourquoi le montant ne suit jamais mécaniquement le salaire, ni vers le bas ni vers le haut.

Le plancher fixe une allocation minimale de 32,13 € par jour (hors travail à temps partiel, où un coefficient réducteur s’applique). Pour une reprise d’études ou une formation validée par France Travail, l’allocation minimale tombe à 22,99 € par jour. Le plafond interdit de dépasser 75 % du SJR : si le plancher venait à excéder ce seuil, c’est bien 75 % du SJR qui est versé.

La dégressivité concerne les hauts revenus de moins de 55 ans. Quand l’allocation journalière dépasse 92,57 €, ce qui correspond à un salaire antérieur d’environ 4 940 € brut par mois, elle est réduite de 30 % à partir du 7e mois d’indemnisation, sans jamais descendre sous ce plancher de 92,57 €. Le fonctionnement complet est détaillé sur la page consacrée à la dégressivité de l’allocation chômage.

Tout en haut de l’échelle, le plafonnement du salaire retenu à quatre fois le plafond de la Sécurité sociale limite l’allocation maximale à un ordre de grandeur de 300 € brut par jour. Plus le salaire est élevé, plus l’écart entre l’ancien revenu et l’allocation se creuse.

Du brut au net : les retenues et le versement mensuel

Le montant calculé est un brut. Trois prélèvements le rabotent avant qu’il n’arrive sur le compte, sans qu’aucun ne puisse faire tomber l’allocation nette sous le SMIC journalier.

Une participation retraite complémentaire de 3 % du SJR est retenue dès que l’allocation dépasse 32,13 € par jour. Viennent ensuite la CSG, au taux normal de 6,2 % ou réduit à 3,8 % selon le revenu fiscal de référence, et la CRDS de 0,5 %. Ces deux dernières s’appliquent au-delà d’un seuil proche du SMIC journalier, autour de 61 € brut par jour. Les allocataires aux revenus les plus modestes en sont exonérés. S’ajoute le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, opéré directement par France Travail.

Un détail change la lecture du taux de remplacement. L’ARE équivaut à environ 57 % du salaire brut, mais représente une part sensiblement plus élevée du salaire net, car elle supporte beaucoup moins de cotisations qu’un salaire d’activité. C’est pourquoi la chute de revenu ressentie est souvent moins brutale que le pourcentage brut ne le laisse craindre.

Côté versement, la règle a changé au 1er avril 2025. L’allocation est désormais mensualisée sur une base fixe de 30 jours, quel que soit le mois. Un mois de 31 jours ne rapporte donc plus rien de plus, et février ne coûte plus rien de moins. Auparavant, le montant variait selon le calendrier réel.

Quand le versement commence et comment les droits évoluent

Toucher son allocation ne se fait pas au lendemain de l’inscription. Plusieurs délais repoussent le premier paiement, et le montant peut être révisé si votre situation bouge.

Un délai de carence de 7 jours s’applique systématiquement, auquel s’ajoutent d’éventuels différés liés aux congés payés non pris et aux indemnités de rupture supérieures au minimum légal. Ces différés ne réduisent pas le montant total des droits : ils décalent seulement le point de départ.

Si vous retravaillez avant la fin de vos droits, le rechargement des droits ARE ouvre un nouveau capital calculé sur les périodes reprises, dès 130 jours ou 910 heures de travail. Et lorsqu’une nouvelle allocation serait inférieure à l’ancienne, le droit d’option ARE permet, sous conditions, de repartir sur le calcul le plus favorable plutôt que de subir un montant dégradé.

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Questions fréquentes

L’allocation minimale est de 32,13 € brut par jour, hors travail à temps partiel. Ce montant, fixé au 1er juillet 2025, a été maintenu au 1er juillet 2026 faute d’accord sur une revalorisation.

L’allocation correspond à environ 57 % du salaire brut journalier, dans la limite de 75 % du SJR. Rapportée au salaire net, la part est plus élevée, car l’ARE supporte moins de cotisations qu’un salaire.

Oui. Elle est soumise à l’impôt sur le revenu, prélevé à la source par France Travail, ainsi qu’à la CSG (6,2 % ou 3,8 %), à la CRDS (0,5 %) et à une participation retraite de 3 % du SJR. Les allocataires modestes en sont exonérés.

Oui, pour les moins de 55 ans dont l’allocation journalière dépasse 92,57 €. La dégressivité réduit alors le montant de 30 % à partir du 7e mois d’indemnisation, sans passer sous ce plancher.

Depuis le 1er avril 2025, France Travail multiplie l’allocation journalière par 30, quel que soit le nombre de jours du mois. Le versement mensuel est donc stable d’un mois sur l’autre.