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Estimer mes droits

Durée d’indemnisation chômage : comment elle est vraiment calculée (et pourquoi vous la surestimez)

Un an de travail n’ouvre pas un an de chômage. Depuis 2023, un coefficient de 0,75 rabote la durée d’indemnisation de 25 %, si bien qu’une année cotisée donne aujourd’hui environ neuf mois d’allocation, pas douze. Le plancher reste fixé à six mois (182 jours), le plafond à 18, 22,5 ou 27 mois selon l’âge.

Cette durée n’a rien d’automatique. Elle fait partie des paramètres que France Travail vous notifie à l’ouverture de vos droits chômage, au même titre que le montant. Elle dépend de trois variables : combien de temps vous avez travaillé, votre âge à la fin du contrat, et l’état du marché de l’emploi au moment de votre inscription.

Une nouveauté change la donne depuis le 1er septembre 2026 : les salariés partis par rupture conventionnelle voient leur durée maximale abaissée, quand un licenciement ou une fin de CDD conservent les règles habituelles.

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Ce qui fixe la durée de vos droits au chômage

La règle de départ est simple : votre durée d’indemnisation reprend votre durée d’affiliation, presque jour pour jour. Deux mécanismes viennent ensuite la corriger, un plafond lié à l’âge et une réduction liée à la conjoncture.

📌 L'essentiel sur la durée

La durée d’indemnisation va de 6 mois (182 jours) au minimum à 18, 22,5 ou 27 mois selon votre âge à la fin du contrat. Elle correspond à votre durée d’affiliation, plafonnée puis réduite de 25 % par le coefficient de conjoncture de 0,75, applicable tant que le chômage reste sous 9 %.

France Travail compte le nombre de jours de votre période d’affiliation, en jours calendaires. Les périodes non travaillées entre deux contrats sont retenues dans la limite de 70 % des jours travaillés, contre 75 % avant avril 2025. Ce total est plafonné selon votre âge à la fin du contrat, puis multiplié par le coefficient de 0,75. Il ne peut jamais descendre sous 182 jours.

Voici les durées maximales applicables aux fins de contrat intervenues depuis le 1er avril 2025, date à laquelle les bornes d’âge ont été relevées de deux ans.

Âge à la fin du contratDurée maximale actuelle (période verte)Durée de base (sans réduction)
Moins de 55 ans18 mois (548 jours)24 mois (730 jours)
55 à 56 ans22,5 mois (685 jours)30 mois (913 jours)
57 ans et plus27 mois (822 jours)36 mois (1 095 jours)

Ces plafonds ne concernent que les personnes ayant assez travaillé pour les atteindre. Avec six mois d’affiliation, la durée reste de six mois, coefficient ou pas.

Le coefficient de 0,75 qui ampute la durée de 25 %

C’est la mesure la plus mal comprise de la réforme. Depuis le 1er février 2023, la durée d’indemnisation est modulée selon la santé du marché de l’emploi. Tant que le chômage reste bas, tout le monde touche 25 % de moins.

Un arrêté ministériel classe la période en deux couleurs. En période verte, quand le taux de chômage est inférieur à 9 % et n’a pas augmenté de 0,8 point sur un trimestre, le coefficient de 0,75 s’applique et la réduction est définitive. En période rouge, quand le taux dépasse 9 % ou bondit de 0,8 point, les jours retirés peuvent être rendus. À la date de rédaction, la France est en période verte : l’Insee a mesuré un taux de 8,1 % au premier trimestre 2026, en hausse de 0,7 point sur un an, sous le seuil de bascule. La réduction de 25 % s’applique donc à toutes les ouvertures de droits, un point à revérifier au moment de votre inscription.

Exemple : Paul, 34 ans, s’inscrit après 12 mois de travail continu, soit 365 jours d’affiliation. France Travail applique le coefficient 0,75 : 365 × 0,75 = 274 jours, soit environ 9 mois d’indemnisation, et non 12. Un an travaillé n’ouvre donc pas un an d’ARE.

Si la conjoncture se dégrade pendant votre indemnisation, un complément de fin de droits peut vous rendre les jours perdus. Il concerne les allocataires à qui il reste moins de 30 jours de droits et dont la durée sans coefficient dépassait la durée notifiée. Versé automatiquement depuis avril 2025, il ne bénéficie pas à ceux qui n’ouvrent que six mois de droits, faute de marge à rattraper. Un droit notifié à 18 mois peut alors remonter jusqu’à 24 mois.

Les conditions qui ouvrent et plafonnent la durée

Avant de parler de durée, encore faut-il ouvrir des droits. Le seuil d’affiliation conditionne l’entrée dans l’indemnisation, et c’est aussi lui qui détermine la longueur de vos droits jusqu’au plafond d’âge.

  • Avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures, soit environ 6 mois
  • Sur les 24 derniers mois avant la fin du contrat (36 mois à partir de 55 ans)
  • Avoir perdu son emploi involontairement (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle)
  • Être inscrit à France Travail et en recherche active d’emploi
  • Ne pas avoir atteint l’âge et les trimestres d’une retraite à taux plein

La période de référence s’étend sur les 24 derniers mois avant la fin du contrat, portée à 36 mois à partir de 55 ans. Depuis le 1er avril 2026, un régime plus souple existe pour les primo-entrants, c’est-à-dire les personnes jamais indemnisées ou plus indemnisées depuis vingt ans : 108 jours ou 758 heures suffisent, soit environ cinq mois, pour une durée minimale de 152 jours (décret du 28 mars 2026).

Rupture conventionnelle : une durée raccourcie au 1er septembre 2026

Jusqu’ici, le mode de rupture n’influençait pas la durée d’indemnisation : un licenciement et une rupture conventionnelle ouvraient les mêmes droits. Ce n’est plus vrai pour les ruptures conventionnelles individuelles.

La loi du 11 juin 2026, complétée par un avenant à la convention d’assurance chômage agréé le 19 juin 2026, réduit la durée maximale d’indemnisation des salariés partis par rupture conventionnelle individuelle. La mesure s’applique aux fins de contrat intervenant à compter du 1er septembre 2026. Les conditions d’ouverture des droits, elles, ne bougent pas.

Âge à la ruptureRègle standard (licenciement, CDD…)Rupture conventionnelle, fin de contrat dès le 1er sept. 2026
Moins de 55 ans18 mois15 mois
55 ans et plus22,5 à 27 mois20,5 mois

Ces durées valent en période verte, coefficient inclus. Un licenciement, une fin de CDD ou une démission légitime restent soumis aux plafonds habituels de 18 à 27 mois. En contrepartie de la réduction, France Travail met en place un suivi renforcé, avec un examen de situation au douzième mois pour les moins de 55 ans, trois mois avant l’échéance. Les allocataires de 55 ans et plus peuvent demander une prolongation, appréciée au cas par cas, et l’outre-mer conserve des durées plus longues.

Prolonger, recharger ou basculer en fin de droits

La durée notifiée n’est pas toujours la durée finale. Plusieurs dispositifs l’allongent, la relancent ou prennent le relais quand elle s’épuise.

Allonger la durée par la formation ou l’âge

Une formation validée par France Travail peut prolonger l’indemnisation. Depuis avril 2025, cet allongement de 137 jours (182 jours en outre-mer) est réservé aux allocataires de 55 ans et plus suivant une formation indemnisée. Les seniors disposent d’un autre levier : le maintien des allocations jusqu’à la retraite à taux plein, sous conditions strictes (au moins 100 trimestres validés, un an d’indemnisation, douze ans d’affiliation à l’assurance chômage et un an d’emploi continu). Ce maintien cesse au plus tard à 67 ans. Les bornes d’âge ont été décalées de deux ans avec la réforme des retraites, mais la suspension de cette réforme par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 pourrait les faire à nouveau évoluer : vérifiez selon votre année de naissance.

Recharger ses droits ou activer le droit d’option

Si vous retrouvez un emploi puis le reperdez, le rechargement des droits ARE reprend vos droits là où ils s’étaient arrêtés, à condition d’avoir suffisamment retravaillé. Quand un reliquat ancien coexiste avec des droits récents plus avantageux, le droit d’option ARE permet, sous conditions, de renoncer à l’ancien pour basculer sur le nouveau. À l’épuisement complet, d’autres aides prennent le relais : l’allocation de solidarité spécifique, autour de 19,48 € par jour sous conditions de ressources, ou le RSA selon votre situation.

La durée n’est qu’un paramètre parmi d’autres. Le montant chômage suit sa propre formule, assise sur votre salaire journalier de référence. Le point de départ, lui, dépend du délai de carence chômage et des différés d’indemnisation, qui repoussent le premier versement sans amputer le nombre total de jours indemnisés.

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Questions fréquentes

Environ 9 mois, pas 12. Une année d’affiliation, soit 365 jours, est multipliée par le coefficient de 0,75 : 365 × 0,75 = 274 jours indemnisés.

Seulement en période rouge, via le complément de fin de droits, pour un allocataire de moins de 55 ans. En période verte, en vigueur en 2026, le plafond tombe à 18 mois.

Jusqu’au 31 août 2026, oui. Pour une rupture conventionnelle individuelle dont le contrat se termine à partir du 1er septembre 2026, la durée maximale passe à 15 mois avant 55 ans et 20,5 mois à partir de 55 ans.

Vous pouvez basculer sur l’allocation de solidarité spécifique (environ 19,48 € par jour sous conditions), sur le RSA selon votre situation, ou recharger vos droits si vous avez retravaillé au moins 130 jours.

Non. La dégressivité réduit le montant de 30 % dès le 7e mois pour les hauts revenus, mais pas le nombre de jours indemnisés. Les allocataires de 55 ans et plus en sont exemptés.