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Dégressivité de l’allocation chômage : conditions, seuils et calcul

L’allocation chômage peut perdre jusqu’à 30 % de son montant à partir du septième mois d’indemnisation. Cette réduction, appelée dégressivité, ne touche pourtant qu’une minorité d’allocataires : les moins de 55 ans qui percevaient un salaire élevé avant de perdre leur emploi. Pour tous les autres, l’allocation reste stable pendant toute la durée des droits.

Deux verrous conditionnent cette baisse : l’âge à la fin du contrat et le niveau de l’ancien salaire. S’il en manque un, la dégressivité ne s’applique pas. Ce mécanisme fait partie des règles générales du droit chômage et repose sur la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, dont les montants n’ont pas bougé au 1er juillet 2026.

Reste une réalité mal connue. À cause d’un plancher fixé à 92,57 € brut par jour, la baisse réelle atteint rarement les 30 % annoncés. Le vrai enjeu n’est donc pas de savoir si vous perdez 30 %, mais de vérifier si vous entrez dans le périmètre et de combien votre allocation reculerait vraiment.

Serez-vous concerné par la dégressivité ?

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Ce que la dégressivité change vraiment sur votre allocation

La dégressivité applique un coefficient à votre allocation journalière, au maximum 0,7. Autrement dit, une baisse plafonnée à 30 % du montant initial. Elle démarre au 183e jour d’indemnisation, soit le premier jour du septième mois.

📌 L'essentiel en chiffres

La dégressivité réduit l’ARE de 30 % maximum à partir du 7e mois (183e jour), après 182 jours à taux plein. Elle vise les moins de 55 ans dont le salaire journalier de référence dépassait 162,40 € brut, soit environ 4 940 € par mois. Quoi qu’il arrive, l’allocation ne descend pas sous 92,57 € brut par jour (valeurs au 1er juillet 2025, inchangées en 2026).

Les six premiers mois se déroulent au taux normal. À partir du septième, l’allocation réduite s’applique et court pendant toute la durée restante des droits. Votre durée indemnisation chômage fixe le nombre de mois d’ARE : la dégressivité rogne le montant sur la fin de cette période, sans y ajouter ni retirer un seul jour.

Un point souvent mal compris : perdre 30 % ne donne droit à aucune compensation en durée. Les droits s’épuisent au même rythme, seul leur montant baisse. Si votre indemnisation dure 18 mois, vous touchez le plein tarif 6 mois, puis le tarif réduit sur les 12 restants.

Qui subit la dégressivité, qui y échappe

Deux conditions doivent être réunies en même temps. Elles sont cumulatives : l’une sans l’autre ne suffit pas. Et plusieurs catégories d’allocataires en sont exclues d’office, quel que soit leur salaire.

La dégressivité ne concerne que des personnes déjà indemnisées, qui remplissent les conditions chômage classiques d’ouverture de droits. Elle s’ajoute à ces règles, elle ne les remplace pas.

  • Avoir moins de 55 ans à la fin du contrat de travail, terme du préavis inclus (moins de 57 ans si le contrat s’est terminé avant le 1er avril 2025)
  • Avoir eu un salaire journalier de référence supérieur à 162,40 € brut, soit environ 4 940 € brut par mois (valeur au 1er juillet 2025)

Même en cochant ces deux cases, certains profils restent hors du dispositif. Les allocataires de 55 ans et plus à la date de fin de contrat sont totalement exemptés depuis le 1er avril 2025. Les intermittents du spectacle, qui relèvent d’annexes spécifiques, ne sont pas concernés. Les salariés licenciés pour motif économique qui adhèrent au contrat de sécurisation professionnelle (CSP) échappent eux aussi à la baisse.

Le périmètre pourrait sembler amené à s’élargir. Début 2026, le patronat a proposé d’étendre la dégressivité à l’ensemble des demandeurs d’emploi, y compris sur des allocations bien plus faibles. La négociation close par l’avenant du 25 février 2026 n’a pas retenu cette piste. À ce jour, seuls les moins de 55 ans à haut salaire restent visés.

La baisse réelle est rarement de 30 %

Le chiffre de 30 % marque un maximum, pas une règle générale. Un plancher protège les allocations les plus modestes du barème dégressif. Plus votre allocation de départ est proche de ce plancher, moins la baisse est forte.

La réduction porte sur l’allocation journalière, pas sur l’ancien salaire, qui sert seulement à déterminer si vous êtes concerné. Le plancher est fixé à 92,57 € brut par jour, soit environ 2 777 € brut par mois. La dégressivité ne peut jamais faire passer l’allocation sous ce seuil. Deux cas se présentent selon le montant avant réduction.

Si votre allocation dépasse 132,24 € par jour, la baisse de 30 % s’applique en entier : le résultat reste au-dessus du plancher. Si elle se situe entre 92,57 € et 132,24 €, le plancher stoppe la réduction : l’allocation tombe à 92,57 €, ce qui représente une baisse inférieure à 30 %.

Allocation avant dégressivitéAllocation dès le 7e moisBaisse réelle
200 € / jour140 € / jour30 %
150 € / jour105 € / jour30 %
120 € / jour92,57 € / jour≈ 23 %
100 € / jour92,57 € / jour≈ 7 %

Ces montants concernent des allocataires qui remplissent déjà les deux conditions. C’est l’effet du plancher, pas une exemption : les allocations les plus hautes encaissent la totalité des 30 %, les plus proches du seuil bien moins.

Exemple : un cadre de 48 ans perçoit une allocation de 150 € brut par jour après un salaire élevé, soit environ 4 500 € par mois. Les six premiers mois sont versés à ce taux. Au septième, l’allocation passe à 105 € brut par jour (environ 3 150 € par mois), une baisse de 30 %. Le montant reste au-dessus du plancher, la réduction s’applique donc en entier.

Ce qui suspend ou repousse la dégressivité

Le compteur des six mois à taux plein ne tourne pas en continu. Plusieurs situations le mettent en pause, ce qui recule d’autant le moment où l’allocation baisse.

Une formation validée dans votre projet de retour à l’emploi gèle le compteur pendant toute sa durée. Entamez une formation de trois mois avant l’échéance, et la dégressivité est repoussée de trois mois. Les autres interruptions de versement produisent le même effet : une reprise d’emploi, un arrêt maladie, un congé maternité suspendent le décompte.

Ces situations reviennent, dans les faits, à geler ses droits au chômage le temps de l’interruption : tant que l’indemnisation est en pause, le calendrier de la dégressivité l’est aussi. Le jour où le versement reprend, le compteur repart là où il s’était arrêté.

Limiter la casse : reprise d’activité, formation, recours

Face à la dégressivité, trois leviers existent. Aucun n’annule la règle, mais chacun peut en atténuer l’effet ou vérifier qu’elle s’applique à bon droit.

Reprendre une activité, même partielle, suspend le compteur et peut ouvrir droit au cumul allocation chômage et activité : vous conservez une part de l’ARE en complément d’un salaire, tout en repoussant la baisse. La formation, on l’a vu, gèle aussi l’échéance et prépare un retour à l’emploi durable.

Reste la vérification du calcul lui-même. La dégressivité repose sur votre salaire journalier de référence : une erreur sur ce montant peut vous faire basculer à tort dans le périmètre, ou fausser l’allocation réduite. Pour contester une décision de France Travail, vous pouvez saisir le médiateur, puis engager un recours. Un professionnel du droit du travail aide à repérer une erreur de calcul ou de périmètre avant qu’elle ne pèse sur des mois d’indemnisation.

Un doute sur le calcul de votre allocation ?

Faites vérifier votre salaire de référence et l'application de la dégressivité par un professionnel du droit du travail.

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Questions fréquentes

La baisse démarre au 7e mois d’indemnisation, soit au 183e jour. Les 182 premiers jours, environ six mois, sont indemnisés à taux plein.

Il faut un salaire journalier de référence supérieur à 162,40 € brut, soit environ 4 940 € brut par mois (valeur au 1er juillet 2025, inchangée en 2026).

Non. Les allocataires de 55 ans et plus à la fin de leur contrat en sont exemptés depuis le 1er avril 2025. Le seuil était de 57 ans pour les contrats terminés avant cette date.

Au maximum. Un plancher de 92,57 € brut par jour bloque la réduction, si bien que les allocations proches de ce seuil reculent de bien moins de 30 %.

Non à ce jour. Une extension à tous les demandeurs d’emploi a été proposée début 2026, mais elle n’a pas été retenue dans l’avenant du 25 février 2026. Seuls les moins de 55 ans à haut salaire sont concernés.