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Indemnité de rupture conventionnelle après 60 ans

Passer le cap des 60 ans ne fait pas grimper l’indemnité de rupture conventionnelle d’un seul euro. Le Code du travail calcule ce montant sur deux paramètres uniquement, l’ancienneté et le salaire de référence, sans aucune majoration liée à l’âge. La vraie bascule se joue ailleurs, sur le terrain fiscal et social : dès que vous êtes en droit de partir à la retraite, la même indemnité passe d’un régime largement exonéré à une taxation complète.

Cette nuance change tout pour un salarié proche de la fin de carrière. Selon que vous pouvez ou non liquider une pension à la date de rupture, plusieurs milliers d’euros nets sont en jeu sur une indemnité brute identique. C’est le cœur de toute réflexion sur une rupture conventionnelle et retraite, bien avant le calcul du montant lui-même.

Le bon réflexe après 60 ans tient donc en une vérification : à la date de fin du contrat, êtes-vous déjà en droit de liquider une pension ? Cette seule réponse commande l’impôt, les cotisations et vos droits au chômage.

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Salaire brut mensuel2 600
Ancienneté6 ans
Indemnité légale estimée
3 900
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Après 60 ans, l’âge ne change pas le montant de l’indemnité

L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Cette règle vaut à 30 comme à 62 ans. Le calcul repose sur votre ancienneté et votre salaire, jamais sur votre date de naissance.

📌 Ce qu'il faut retenir

Après 60 ans, le montant reste calculé comme à tout âge : au minimum 1/4 de mois de salaire par année jusqu’à 10 ans, puis 1/3 au-delà, dès 8 mois d’ancienneté. Aucune majoration légale n’est liée à l’âge. Ce qui change, c’est l’impôt : dès que vous êtes en droit de partir à la retraite, l’indemnité est imposée et chargée dès le premier euro.

La seule majoration possible vient de votre convention collective. Certaines branches prévoient une indemnité de licenciement plus élevée pour les salariés de plus de 50, 55 ou 60 ans. Pour la connaître, repérez le code IDCC sur votre bulletin de paie, puis consultez les articles consacrés à l’indemnité de licenciement. Dans les branches couvertes par l’accord national interprofessionnel de 2008, c’est cette indemnité conventionnelle, si elle est plus favorable, qui sert de plancher à la rupture conventionnelle. La majoration senior ne s’applique toutefois pas automatiquement à ce mode de rupture : il faut vérifier la rédaction exacte du texte de branche.

Le paramètre décisif : êtes-vous en droit de partir à la retraite ?

Tout le régime fiscal et social dépend d’une question : à la date de fin du contrat, êtes-vous en droit de bénéficier d’une pension de retraite d’un régime légalement obligatoire ? L’article 80 duodecies du Code général des impôts conditionne l’exonération à cette situation. Et c’est le droit de liquider une pension qui compte, pas le fait de l’avoir réellement demandée.

Vous devenez retraitable à l’âge légal de votre génération, situé entre 62 et 64 ans. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu la suite du relèvement prévu par la réforme de 2023 : l’âge de 64 ans ne concerne plus que les personnes nées à partir de 1969, et il reste autour de 62 ans et 9 mois pour les générations qui l’atteignent actuellement. Attention : un départ anticipé peut survenir plus tôt. Avec une carrière longue ou un handicap, on peut être en droit de partir dès 58 à 60 ans. Dans ce cas, à 60 ans, vous êtes déjà retraitable, et l’indemnité perd son exonération.

Régime de l’indemnitéVous n’êtes pas encore en droit de partirVous êtes en droit de partir (âge légal, carrière longue, handicap)
Impôt sur le revenuExonérée dans les limites légalesImposable dès le 1er euro
Cotisations socialesExonérée jusqu’à 2 fois le plafond (96 120 € en 2026)Dues dès le 1er euro
CSG / CRDSExonérée dans la limite du montant légal ou conventionnelDues dès le 1er euro

La date retenue est celle de la fin du contrat de travail, soit le lendemain de l’homologation au plus tôt. Si votre anniversaire ou l’ouverture d’un droit à carrière longue tombe juste après cette date, vous restez du bon côté de la barrière fiscale. Quelques semaines peuvent valoir plusieurs milliers d’euros.

Combien touchez-vous ? Le calcul de l’indemnité

Le minimum se calcule sur le salaire de référence et l’ancienneté, selon un barème par tranches. Au-delà de ce plancher, le montant se négocie librement entre vous et l’employeur.

AnciennetéIndemnité légale minimale
De 8 mois à 10 ans1/4 de mois de salaire par année
Au-delà de 10 ans1/4 jusqu’à 10 ans, puis 1/3 par année au-delà

Le salaire de référence retient la formule la plus avantageuse pour vous : soit la moyenne des 12 derniers mois, soit la moyenne des 3 derniers mois, les primes annuelles ou exceptionnelles étant alors comptées au prorata. Une fin de carrière à temps partiel ou marquée par un arrêt maladie peut donc être neutralisée par le bon mode de calcul.

Exemple : à 61 ans, avec 30 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 3 000 € brut, l’indemnité légale minimale atteint 27 500 € : (3 000 × 1/4 × 10) + (3 000 × 1/3 × 20), soit 7 500 € + 20 000 €. Si ce salarié n’est pas encore en droit de partir à la retraite, cette somme est exonérée. S’il l’est, elle est imposée et chargée dès le premier euro.

Ce qu’il vous reste après impôt et cotisations

Le net dépend entièrement de votre statut à la date de rupture. Tant que vous n’êtes pas en droit de partir, l’indemnité conserve un régime favorable.

Pour l’impôt, elle est exonérée à hauteur du plus élevé des trois montants suivants :

  • le montant de l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement ;
  • deux fois votre rémunération annuelle brute de l’année précédente ;
  • la moitié de l’indemnité perçue.

Les deux derniers plafonds sont limités à six fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 288 360 € en 2026 d’après service-public.fr. Côté cotisations sociales, l’exonération suit la même logique mais dans la limite de deux fois ce plafond (96 120 € en 2026 selon l’Urssaf), et la CSG-CRDS reste due sur la fraction qui dépasse le montant légal ou conventionnel.

Tout bascule si, à la fin du contrat, vous êtes en droit de liquider une pension. L’article 80 duodecies du Code général des impôts retire alors toute exonération : l’indemnité est imposée comme un salaire dès le premier euro, et soumise aux cotisations sociales ainsi qu’à la CSG-CRDS sur la totalité, quel que soit son montant. Sur l’exemple précédent, l’écart de net peut atteindre plusieurs milliers d’euros pour une indemnité brute strictement identique.

Un effet passe souvent inaperçu : la part exonérée de cotisations n’ouvre aucun droit à la retraite. Elle ne valide pas de trimestre et n’entre pas dans le calcul du salaire annuel moyen des 25 meilleures années. L’exonération a donc un coût caché sur votre future pension, à mettre en balance avec le gain fiscal immédiat.

Côté employeur, une contribution de 40 % qui pèse sur la négociation

La rupture conventionnelle coûte plus cher à l’entreprise depuis le 1er janvier 2026. Ce paramètre ne touche pas votre net, mais il influence directement la marge de négociation.

L’article 15 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a porté de 30 % à 40 % la contribution patronale spécifique due sur la part de l’indemnité exonérée de cotisations. Avant septembre 2023, cette fraction supportait un forfait social de 20 %. En un peu plus de deux ans, le coût employeur a donc doublé. La contribution est à la charge exclusive de l’entreprise et reste sans effet sur la somme que vous percevez. Mais un employeur plus contraint se montre souvent plus ferme sur la part supra-légale, celle qui dépasse le minimum. Le taux applicable est fixé par la date de rupture effective du contrat, pas par la date de signature de la convention.

Rupture conventionnelle, chômage et retraite : l’arbitrage après 60 ans

Après 60 ans, la décision dépasse le simple calcul d’un montant. Elle se joue sur la combinaison entre indemnité, allocation chômage et liquidation de la retraite.

La rupture conventionnelle ouvre droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) dans les conditions habituelles, et ces conditions sont plus protectrices pour les seniors. Depuis le 1er avril 2025, la filière senior débute à 55 ans : la durée d’indemnisation atteint 22,5 mois (685 jours) entre 55 et 56 ans, et jusqu’à 27 mois (822 jours) à partir de 57 ans. France Travail peut même maintenir l’allocation jusqu’à la retraite à taux plein, à condition d’avoir été indemnisé au moins un an et de justifier de 100 trimestres validés, l’âge d’accès suivant le recul progressif de l’âge légal. Le versement cesse en tout état de cause à 67 ans.

Une limite change la donne pour les plus proches de la retraite : si vous pouvez déjà partir à taux plein, notamment au titre d’une carrière longue, vous ne percevez pas l’ARE et devez liquider votre pension dès la fin du contrat. Ce calcul devient central si vous visez une rupture conventionnelle et retraite à taux plein, où le choix entre toucher le chômage et liquider sa pension se pose frontalement. À cela s’ajoute le différé spécifique d’indemnisation : la part supra-légale de l’indemnité retarde le premier versement de l’ARE, dans la limite de 150 jours.

Avant de signer, quelques vérifications évitent les mauvaises surprises :

  • Déterminer si, à la date de fin du contrat, vous êtes en droit de liquider une pension (âge légal de votre génération, carrière longue, handicap)
  • Identifier votre convention collective via le code IDCC et son éventuelle indemnité majorée pour les seniors
  • Distinguer la part légale, exonérée si vous n’êtes pas retraitable, de la part supra-légale négociée
  • Estimer vos droits à l’ARE et le différé d’indemnisation lié à la part supra-légale
  • Comparer la rupture conventionnelle avec une mise à la retraite ou un départ à taux plein

Sur une indemnité de plusieurs dizaines de milliers d’euros, l’écart entre une convention bien négociée et un minimum légal mal vérifié se chiffre vite.

Votre indemnité est-elle au bon niveau ?

Convention collective, part supra-légale, régime fiscal : faites vérifier votre dossier par un avocat en droit du travail avant de signer.

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Questions fréquentes

Non. Le Code du travail ne prévoit aucune majoration liée à l’âge : le montant dépend de votre ancienneté et de votre salaire de référence. Seule votre convention collective peut imposer une indemnité majorée pour les seniors.

Dès que vous êtes en droit de liquider une pension d’un régime obligatoire. Cela correspond à l’âge légal de votre génération, entre 62 et 64 ans, ou plus tôt en cas de carrière longue ou de handicap. La situation est appréciée à la date de fin du contrat.

Non, elle est payée par l’employeur sur la part exonérée de cotisations. Depuis le 1er janvier 2026, son taux est passé de 30 % à 40 %. Elle peut toutefois rendre l’employeur plus ferme sur la part négociée au-delà du minimum.

Oui, dans les conditions habituelles. À partir de 57 ans, l’ARE peut durer jusqu’à 27 mois, avec un maintien possible jusqu’à la retraite à taux plein sous conditions. Mais si vous pouvez déjà partir à taux plein, vous devez liquider votre pension au lieu de percevoir l’ARE.

Cela dépend de votre statut à la date de rupture. Si vous êtes déjà retraitable, l’indemnité est fiscalisée et vos droits au chômage sont limités : une mise à la retraite mérite alors d’être comparée. Si vous ne l’êtes pas, la rupture conventionnelle conserve son régime fiscal favorable.