Congé paternité : durée, délais et indemnités en 2026
Le congé paternité dure 25 jours calendaires pour une naissance simple et 32 jours pour une naissance multiple, auxquels s’ajoutent les 3 jours ouvrables du congé de naissance payés par l’employeur, soit 28 jours (ou 35) au total. Sept de ces jours sont obligatoires et se prennent tout de suite après la naissance ; le reste se pose librement dans les 6 mois, en une ou deux fois. L’employeur ne peut ni le refuser ni le reporter.
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, son nom officiel, est ouvert au père salarié et à la personne qui vit en couple avec la mère (mariage, Pacs ou concubinage), sans condition d’ancienneté ni de type de contrat. Les questions qui coincent sont presque toujours les mêmes : le délai pour prévenir, le montant versé par la Sécurité sociale, et ce que vaut une lettre envoyée trop tard. Cette page fait partie de notre rubrique Congés du salarié.
La portabilité de votre mutuelle d’entreprise dure 12 mois au plus. Comparez dès maintenant une complémentaire santé adaptée : rappel gratuit, sans engagement.
Comparer ma mutuelle →Durée du congé paternité : 25 jours, 32 pour des jumeaux
Depuis le 1er juillet 2021, l’article L1225-35 du Code du travail fixe la durée du congé paternité à 25 jours calendaires, soit tous les jours de la semaine, week-ends et jours fériés compris. En cas de naissances multiples (jumeaux, triplés), elle passe à 32 jours. Le congé se découpe en deux périodes distinctes :
- une période obligatoire de 4 jours calendaires, prise immédiatement après les 3 jours du congé de naissance ;
- une période facultative de 21 jours (28 jours en cas de naissances multiples), que vous pouvez prendre d’un bloc ou fractionner en deux périodes d’au moins 5 jours chacune.
Concrètement, les 7 premiers jours suivant la naissance (3 jours de naissance + 4 jours de paternité) sont un arrêt imposé : l’employeur a l’interdiction de vous faire travailler pendant cette période, même si vous le proposez. La partie facultative doit être prise dans les 6 mois qui suivent la naissance. Passé ce délai, les jours non pris sont perdus, sans compensation.
| Situation | Congé de naissance (employeur) | Période obligatoire | Période facultative | Total |
|---|---|---|---|---|
| Naissance simple | 3 jours ouvrables | 4 jours | 21 jours | 28 jours |
| Jumeaux, triplés ou plus | 3 jours ouvrables | 4 jours | 28 jours | 35 jours |
| Enfant hospitalisé en soins spécialisés | 3 jours ouvrables | 4 jours + jusqu’à 30 jours | 21 ou 28 jours | jusqu’à 58 ou 65 jours |
Congé paternité jumeaux : 7 jours de plus
Pour des jumeaux, seule la période facultative s’allonge : 28 jours au lieu de 21. La période obligatoire reste de 4 jours. La règle de fractionnement est la même (deux périodes au maximum, d’au moins 5 jours), tout comme le délai de 6 mois. Le nombre d’enfants déjà présents au foyer ne change rien, contrairement au congé de la mère.
Bébé hospitalisé à la naissance
Si le nouveau-né est admis immédiatement dans une unité de soins spécialisés (néonatologie, réanimation néonatale), la période obligatoire est prolongée de droit pendant toute l’hospitalisation, dans la limite de 30 jours calendaires consécutifs. Vous transmettez à l’employeur et à la CPAM le bulletin d’hospitalisation de l’enfant. Les 21 jours facultatifs restent dus ensuite, avec le même délai de 6 mois.
Votre mutuelle d’entreprise s’arrête ?
Comparez gratuitement une complémentaire santé adaptée à votre nouvelle situation. Un conseiller vous rappelle, sans engagement.
Prévenir l’employeur : délais et lettre de congé paternité
L’employeur ne donne pas son accord, il est informé. Deux délais s’imposent (article D1225-8 du Code du travail) :
- la date prévue de l’accouchement doit lui être communiquée au moins 1 mois avant ;
- les dates et la durée de chaque période facultative doivent l’être au moins 1 mois avant le début de chaque période.
Si le bébé naît avant la date prévue, vous pouvez commencer le congé dans le mois qui suit la naissance, même si le préavis d’un mois n’est pas respecté. Aucune forme n’est imposée par la loi, mais un courrier remis en main propre contre décharge, ou une lettre recommandée avec avis de réception, vous protège en cas de litige. Un e-mail laisse une trace, mais il se conteste plus facilement.
Modèle de courrier pour le congé paternité, à adapter :
Madame, Monsieur, je vous informe que la naissance de mon enfant est prévue le [date]. Conformément aux articles L1225-35 et D1225-8 du Code du travail, je bénéficierai du congé de naissance de 3 jours puis de la période obligatoire de 4 jours du congé de paternité et d’accueil de l’enfant à compter de la naissance. Je prendrai la période restante de 21 jours du [date] au [date] inclus. Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Pour un « modèle de lettre congé paternité 28 jours », la logique est la même : les 28 jours correspondent aux 3 jours de naissance plus les 25 jours de paternité. Si vous fractionnez, indiquez les deux périodes dans le même courrier ou envoyez un second courrier au moins un mois avant la seconde.
25 jours de congé paternité (32 pour des jumeaux), plus 3 jours de congé de naissance payés par l’employeur. 7 jours obligatoires juste après la naissance. Le reste dans les 6 mois, en deux fois au plus (minimum 5 jours par période). Prévenance : 1 mois avant. Indemnités CPAM plafonnées à 104,02 € par jour en 2026.
Combien est payé le congé paternité en 2026
Les 3 jours du congé de naissance sont payés par l’employeur, comme des jours travaillés. Les 25 jours de paternité, eux, ne sont pas payés par l’entreprise : votre contrat est suspendu et la CPAM vous verse des indemnités journalières, sans délai de carence. Le calcul est le même que pour le congé maternité :
- on additionne les salaires bruts des 3 mois précédant le congé, retenus dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026) ;
- on divise par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base ;
- on retire un taux forfaitaire de 21 % qui représente les cotisations salariales.
En 2026, l’indemnité journalière ne peut pas être inférieure à 11,12 € ni supérieure à 104,02 €. Au-delà d’environ 4 005 € brut par mois, vous perdez donc de l’argent pendant le congé, sauf si votre convention collective ou un accord d’entreprise impose à l’employeur de maintenir tout ou partie du salaire. Beaucoup de grandes entreprises le font ; la loi ne l’exige pas. Vérifiez la vôtre avant de poser vos dates.
Pour toucher ces indemnités, il faut être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 6 mois et justifier d’au moins 150 heures de travail sur les 3 mois précédents (ou de cotisations sur un salaire d’au moins 12 058,20 € sur 6 mois en 2026), et cesser complètement toute activité salariée. L’employeur transmet une attestation de salaire à la CPAM ; vous envoyez l’acte de naissance ou la copie du livret de famille, et, si vous n’êtes pas le père, un justificatif de vie commune avec la mère.
Vos droits pendant et après le congé
Le congé paternité compte comme du travail effectif pour l’acquisition des congés payés (article L3141-5 du Code du travail) et pour l’ancienneté. À votre retour, vous retrouvez votre poste ou un poste similaire, avec une rémunération au moins équivalente.
La protection contre le licenciement est souvent méconnue : pendant les 10 semaines qui suivent la naissance, l’employeur ne peut pas rompre votre contrat, sauf faute grave ou impossibilité de le maintenir pour un motif étranger à la naissance (article L1225-4-1). Un licenciement prononcé pendant cette fenêtre pour un autre motif est nul, avec réintégration possible ou indemnisation d’au moins 6 mois de salaire. Si l’employeur refuse le congé, fait pression pour que vous renonciez à la partie facultative ou vous convoque à un entretien préalable juste après la naissance, gardez une trace écrite de chaque échange.
Le refus du congé paternité par l’employeur est illégal, quelle que soit la charge de travail. Seul le choix des dates de la partie facultative reste encadré par le délai de prévenance : un salarié qui prévient trop tard peut se voir demander de décaler, pas de renoncer. Si vous avez besoin d’une pause plus longue sans indemnisation, le congé sans solde se négocie avec l’employeur, qui peut le refuser.
Congé paternité, congé de naissance et congé maternité : ce qui s’enchaîne
Trois dispositifs se suivent et se confondent souvent. Les 3 jours ouvrables du congé de naissance démarrent le jour de la naissance ou le premier jour ouvrable qui suit (article L3142-4), et sont payés par l’employeur. Viennent ensuite les 4 jours obligatoires de paternité, puis les 21 jours facultatifs.
Depuis le 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 peut se prendre après le congé paternité : 1 ou 2 mois par parent, indemnisés à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, dans la limite du plafond de 4 005 € brut. Il doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance (jusqu’au 31 mars 2027 pour les enfants nés au premier semestre 2026). Le délai de prévenance est de 1 mois, réduit à 15 jours s’il suit immédiatement le congé paternité.
Côté mère, le congé maternité dure au minimum 16 semaines et ne se partage pas avec l’autre parent. Les deux congés peuvent se chevaucher : rien n’empêche le second parent de prendre ses 21 jours pendant le congé postnatal de la mère, ce que choisissent la plupart des couples pour les premières semaines.
Un dernier réflexe, souvent oublié dans l’agitation : l’arrivée d’un enfant doit être déclarée à votre complémentaire santé, qu’il s’agisse de la mutuelle d’entreprise ou d’un contrat individuel. Selon le contrat, l’ajout est gratuit, payant ou impossible sans changer de formule, et les frais de pédiatre, de vaccins ou d’optique arrivent vite.
À lire aussi
Questions fréquentes
25 jours calendaires pour une naissance simple et 32 jours pour une naissance multiple, auxquels s’ajoutent les 3 jours ouvrables du congé de naissance payés par l’employeur, soit 28 ou 35 jours au total.
En partie : les 4 premiers jours, pris juste après les 3 jours de naissance, sont obligatoires et l’employeur ne peut pas vous faire travailler. Les 21 jours restants sont facultatifs et à prendre dans les 6 mois.
Au moins 1 mois avant la date prévue de l’accouchement pour l’informer de la naissance, et au moins 1 mois avant chaque période facultative pour en donner les dates. Un recommandé ou une remise contre décharge reste la preuve la plus sûre.
La CPAM verse des indemnités journalières calculées sur les 3 derniers salaires bruts, moins 21 %, entre 11,12 € et 104,02 € par jour en 2026. L’employeur ne complète que si la convention collective ou un accord le prévoit.
Non, ni le refuser ni le reporter si le délai de prévenance est respecté. Vous êtes en outre protégé contre le licenciement pendant les 10 semaines qui suivent la naissance, sauf faute grave.