Bilan de compétences : durée, financement CPF et confidentialité
Le bilan de compétences est un accompagnement de 24 heures au plus, mené par un prestataire extérieur, qui sert à analyser vos compétences, vos aptitudes et vos motivations pour bâtir un projet professionnel ou de formation. Il se finance surtout par le CPF, dans la limite de 1 600 € depuis le 26 février 2026, avec un reste à charge de 150 € par dossier depuis le 2 avril 2026. Et ses résultats vous appartiennent : votre employeur n’en voit rien sans votre accord.
Sur le papier, le dispositif est simple. En pratique, entre les nouveaux plafonds, la carence de cinq ans, les organismes qui facturent 2 500 € pour trois entretiens et des questionnaires en ligne, et l’employeur qui voudrait bien « proposer » un bilan à un salarié dont il cherche à se séparer, mieux vaut connaître les règles avant de signer. Cette page fait partie du guide sur la formation du salarié.
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Vérifier mes droits CPF →Bilan de compétences : définition et déroulement en trois phases
L’article L6313-4 du Code du travail définit le bilan de compétences comme une action qui permet au salarié d’analyser ses compétences professionnelles et personnelles, ses aptitudes et ses motivations, afin de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation. Ce n’est ni un test de personnalité, ni une séance de coaching, ni une formation diplômante. C’est un travail d’enquête sur vous-même, guidé par un consultant.
Le Code du travail (article R6313-4) impose trois phases, quel que soit l’organisme :
- Phase préliminaire : analyse de votre demande et de vos besoins, présentation de la méthode, définition du déroulement.
- Phase d’investigation : exploration de votre parcours, de vos compétences et de vos envies, enquêtes métier, rencontres avec des professionnels, construction d’un ou plusieurs projets.
- Phase de conclusion : entretien de restitution, remise d’un document de synthèse et plan d’action (formation, VAE, candidature interne, création d’entreprise).
La durée est plafonnée à 24 heures, en général étalées sur six à douze semaines, à raison d’un entretien de deux à trois heures par semaine. Un bon bilan alterne entretiens individuels et travail personnel entre les séances. Un bilan réduit à quelques heures de visioconférence et à des questionnaires automatisés coche peut-être les cases légales, mais il vous apprendra peu de choses que vous ne sachiez déjà.
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Financer un bilan de compétences : CPF, employeur, France Travail
Le financement dépend de qui prend l’initiative. Trois voies existent, et elles ne donnent pas les mêmes droits.
Le CPF, la voie la plus courante
Votre compte CPF peut payer le bilan, à trois conditions depuis 2026. La prise en charge est plafonnée à 1 600 € par bilan (décret du 25 février 2026, en vigueur le 26). Vous ne devez pas avoir bénéficié d’un bilan financé par des fonds publics ou mutualisés dans les cinq années précédentes. Et vous réglez une participation de 150 € par dossier, sauf si vous êtes demandeur d’emploi ou si votre employeur abonde votre compte. Les détails de la démarche sur le site officiel sont expliqués dans la page sur le bilan de compétences financé par le CPF.
Si l’organisme facture plus que vos droits ou plus que le plafond, la différence est à votre charge, en plus des 150 €. D’où l’intérêt de comparer avant de valider un devis : les professionnels du secteur estimaient le tarif moyen autour de 1 950 € au moment où le plafond a été fixé, ce qui laisse souvent plusieurs centaines d’euros à payer. Les écarts entre organismes et ce qu’ils recouvrent sont détaillés sur la page prix du bilan de compétences.
L’employeur, via le plan de développement des compétences
L’employeur peut proposer un bilan et le payer intégralement. Il faut alors une convention signée par vous, l’employeur et l’organisme. Vous avez 10 jours pour la signer, et votre silence vaut refus. Surtout, l’article L6313-4 est net : un bilan ne peut être réalisé qu’avec le consentement du salarié, et le refus n’est ni une faute ni un motif de licenciement. Si la proposition arrive au milieu d’un conflit ou d’une réorganisation, demandez-vous ce que l’employeur en attend.
France Travail et le conseil en évolution professionnelle
Un demandeur d’emploi peut mobiliser son CPF sans payer les 150 €, et France Travail peut compléter le financement. Avant même le bilan, le conseil en évolution professionnelle est gratuit pour tous : l’Apec l’assure pour les cadres, France Travail pour les demandeurs d’emploi, des opérateurs régionaux pour les autres salariés. Ce n’est pas un bilan de compétences, mais c’est un bon premier tri, qui évite de dépenser son CPF sur un projet encore flou.
Durée : 24 heures maximum, en trois phases obligatoires. CPF : 1 600 € au plus par bilan, un bilan tous les 5 ans, reste à charge de 150 € depuis le 2 avril 2026 (sauf demandeur d’emploi ou abondement). Sur le temps de travail : accord de l’employeur, réponse sous 30 jours, salaire maintenu. Proposé par l’employeur : convention à signer sous 10 jours, refus jamais fautif. Résultats : à vous seul.
Faire son bilan pendant ou hors du temps de travail
Hors temps de travail, le soir ou le samedi, vous n’avez rien à demander à personne et votre employeur n’a même pas à être informé. C’est le choix le plus discret, et souvent le plus sage si le projet consiste à quitter l’entreprise.
Sur le temps de travail, avec le CPF, il faut l’accord préalable de l’employeur sur le calendrier. La demande se fait au moins 60 jours avant le début du bilan, puisqu’il dure moins de six mois. L’employeur a 30 jours calendaires pour répondre et, s’il ne dit rien, sa réponse vaut acceptation. Le salaire est alors maintenu pendant les heures de bilan. L’accord porte sur les dates, pas sur le contenu : l’employeur n’a pas à connaître votre projet.
Le bilan ne doit pas être confondu avec le congé de formation, qui concerne une formation longue suivie après le bilan, en général via un projet de transition professionnelle.
| Situation | Qui paie | Accord de l’employeur | Salaire |
|---|---|---|---|
| CPF hors temps de travail | CPF (1 600 € max) + 150 € | Non | Non concerné |
| CPF sur le temps de travail | CPF (1 600 € max) + 150 € | Oui, sur le calendrier (réponse sous 30 jours) | Maintenu |
| Plan de développement des compétences | Employeur | Proposé par lui, convention signée par vous | Maintenu |
| Demandeur d’emploi | CPF, complément France Travail possible | Sans objet | Allocations maintenues |
Confidentialité : ce que l’employeur peut savoir du bilan
Les résultats et le document de synthèse sont remis à vous seul. Ils ne peuvent être communiqués à un tiers, employeur compris, qu’avec votre accord écrit, et c’est vrai même quand l’employeur a payé le bilan. L’organisme conserve le document de synthèse pendant trois ans, puis le détruit ; les autres documents de travail sont détruits dès la fin du bilan.
Le consultant est tenu au secret professionnel. Il ne fait aucun compte rendu à votre manager ni aux ressources humaines. Un employeur qui conditionne le financement à la remise d’une copie de la synthèse sort du cadre légal : vous pouvez refuser, ou passer par votre CPF hors temps de travail pour garder la main.
Choisir un organisme de bilan de compétences sans se faire avoir
Que vous cherchiez un bilan de compétences à Montpellier, à Toulouse ou en visio, les critères sont les mêmes. Pour être financé par le CPF, l’organisme doit être certifié Qualiopi et référencé sur moncompteformation.gouv.fr. Ce minimum ne garantit pas la qualité. Avant de signer, posez quatre questions :
- Combien d’heures en entretien individuel avec un consultant, et combien en travail autonome ou sur plateforme ?
- Le consultant est-il le même du début à la fin, et quelle est sa formation ?
- Les enquêtes métier auprès de professionnels sont-elles prévues et accompagnées ?
- Quel est le prix total, et combien restera à votre charge après le plafond CPF et les 150 € ?
Méfiez-vous des démarchages par téléphone ou SMS qui promettent un bilan « gratuit » grâce à votre CPF : aucun organisme sérieux ne vous appelle pour vous demander vos identifiants. Et si le bilan débouche sur une formation payée par l’employeur, lisez de près toute clause de dédit formation avant de signer.
Questions fréquentes
24 heures au maximum, en trois phases obligatoires (préliminaire, investigation, conclusion). Ces heures sont en général réparties sur six à douze semaines, à raison d’un entretien par semaine.
Oui, dans la limite de 1 600 € par bilan depuis le 26 février 2026 et à condition de ne pas avoir bénéficié d’un bilan financé par des fonds publics ou mutualisés dans les cinq ans. Une participation de 150 € reste à votre charge depuis le 2 avril 2026, sauf si vous êtes demandeur d’emploi ou si l’employeur abonde votre compte.
Non si le bilan a lieu hors temps de travail. S’il a lieu en tout ou partie sur le temps de travail, il faut son accord sur le calendrier : la demande se fait au moins 60 jours avant, l’employeur a 30 jours pour répondre et son silence vaut acceptation.
Non. Le bilan exige le consentement du salarié, formalisé par une convention que vous avez 10 jours pour signer. Votre refus n’est ni une faute ni un motif de licenciement.
Non. Les résultats et le document de synthèse sont remis au seul salarié et ne peuvent être transmis à un tiers, employeur compris, qu’avec son accord écrit, même quand l’employeur a financé le bilan.
L’Apec assure gratuitement le conseil en évolution professionnelle des cadres. Ce n’est pas un bilan de compétences au sens du Code du travail, mais il aide à clarifier un projet avant d’engager son CPF dans un bilan.