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Estimer mes droits

Calcul de l’indemnité chômage : ce que France Travail ne vous explique pas

Votre allocation chômage ne correspond pas à un simple pourcentage de votre dernier salaire. France Travail calcule en réalité deux montants, selon deux formules distinctes, et vous verse le plus élevé des deux. Le résultat est encadré : jamais moins de 32,13 € par jour, jamais plus de 75 % de votre salaire journalier de référence. Entre ces deux bornes, tout se joue sur un chiffre que peu d’allocataires anticipent correctement.

L’allocation d’aide au retour à l’emploi, l’ARE, est versée par France Travail. Elle n’a rien à voir avec la somme que votre employeur vous doit à la fin du contrat : un salarié licencié perçoit les deux, l’une après l’autre, et les confondre fausse n’importe quel budget de transition. Pour l’indemnité due par l’employeur, le mode de calcul est différent et se traite à part, du côté de calculer votre indemnité de licenciement. Ici, on s’en tient à l’allocation chômage : comment elle se calcule, ce qui la fait varier, et ce qui reste sur le compte après prélèvements.

Licencié ? Une indemnité de départ s'ajoute à l'ARE

En plus de l'allocation versée par France Travail, votre employeur vous doit une indemnité. Estimez son montant en 2 minutes.

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Deux formules, un seul montant retenu

Le calcul repose sur une seule variable de départ, le salaire journalier de référence. À partir de ce chiffre, France Travail applique deux formules en parallèle et conserve le résultat le plus favorable. Un plancher et un plafond viennent ensuite recadrer le montant.

📌 Les chiffres qui fixent votre ARE

France Travail retient le plus élevé de deux calculs : 40,4 % du salaire journalier de référence + 13,18 €, ou 57 % du salaire journalier de référence. L’allocation ne peut pas descendre sous 32,13 € par jour ni dépasser 75 % du salaire de référence. Ces montants, fixés au 1er juillet 2025, restent en vigueur en 2026, l’Unédic n’ayant pas voté de revalorisation.

Le salaire journalier de référence, la variable qui change tout

Le salaire journalier de référence, ou SJR, s’obtient en divisant le total de vos salaires bruts par un nombre de jours. C’est ce diviseur qui piège la plupart des estimations personnelles. France Travail additionne les rémunérations brutes perçues sur la période de référence, soit les 24 mois précédant la fin du contrat pour les moins de 55 ans, 36 mois à partir de 55 ans. Il divise ensuite cette somme non par le nombre de jours travaillés, mais par le nombre de jours calendaires écoulés entre le premier jour du premier contrat et le dernier jour du dernier contrat, jours non travaillés compris.

Chaque période d’inactivité entre deux contrats tire donc le SJR vers le bas. Pour éviter qu’un long trou d’intercontrat n’écrase le montant, ces périodes ne sont comptées que dans la limite de 70 % des périodes d’emploi (contre 75 % avant avril 2025). Deux garde-fous encadrent l’assiette : seule la part de salaire inférieure à environ 15 700 € brut mensuels est prise en compte, et les mois d’arrêt maladie, de congé maternité ou d’activité partielle sont reconstitués au salaire habituel pour ne pas vous pénaliser.

Pour calculer votre allocation, vous avez besoin de quatre informations précises :

  • Le total de vos salaires bruts sur la période de référence (24 ou 36 mois selon l’âge)
  • Le nombre de jours calendaires entre votre premier et votre dernier jour de contrat sur cette période
  • Votre date exacte de fin de contrat
  • Votre âge à cette date (il fixe la période de référence et la durée d’indemnisation)

Les deux formules et le montant que France Travail retient

Une fois le SJR obtenu, l’allocation journalière brute est le plus élevé des deux résultats suivants : 40,4 % du SJR augmenté d’une partie fixe de 13,18 €, ou 57 % du SJR. La partie fixe avantage les petits salaires, car ces 13,18 € pèsent proportionnellement plus lourd sur une allocation faible. Le pourcentage de 57 % prend l’avantage dès que le salaire monte. Le montant retenu ne peut jamais tomber sous le plancher de 32,13 € par jour, ni franchir le plafond de 75 % du SJR.

Sur la base de 24 mois travaillés en continu, sans interruption, voici ce que donnent les deux formules pour trois niveaux de salaire :

Salaire mensuel brutSJR40,4 % + 13,18 €57 % du SJRARE journalière retenueARE mensuelle brute
SMIC (1 823 €)59,94 €37,40 €34,17 €37,40 €1 122 €
Salarié (2 500 €)82,19 €46,38 €46,85 €46,85 €1 406 €
Cadre (4 000 €)131,51 €66,31 €74,96 €74,96 €2 249 €
Estimations pour un parcours continu de 24 mois. Le montant mensuel correspond à l’allocation journalière multipliée par 30.

La bascule se lit ligne à ligne. Au SMIC, c’est la formule avec partie fixe qui l’emporte. Dès 2 500 € brut, les deux formules se rejoignent et le pourcentage de 57 % prend le relais. La progression n’est donc pas proportionnelle au salaire : elle se tasse dans le bas de l’échelle grâce au forfait, puis suit le SJR au-delà.

Du brut au net : ce qui reste vraiment

Les montants du tableau sont des allocations brutes. Deux prélèvements s’appliquent avant le versement, et une règle de calendrier fixe la somme mensuelle indépendamment du nombre de jours du mois.

La première retenue finance votre retraite complémentaire : 3 % du salaire journalier de référence, prélevés dès que l’allocation dépasse 32,13 € par jour. La seconde regroupe la CSG et la CRDS, soit 6,7 %, mais uniquement lorsque l’allocation brute atteint ou dépasse 61 € par jour. En dessous de ce seuil, seule la cotisation retraite s’applique. Aucun prélèvement ne peut ramener l’allocation nette sous le plancher de 32,13 €. Pour une majorité d’allocataires, le net se situe donc à quelques pour cent sous le brut.

Le versement, lui, suit une règle unique depuis le 1er avril 2025 : France Travail multiplie l’allocation journalière par 30, quel que soit le mois. Un mois de 28 jours et un mois de 31 jours donnent le même paiement. Cette mensualisation lisse les revenus mais fait perdre, sur une année complète, l’équivalent d’environ cinq jours d’allocation par rapport à l’ancien calcul au réel.

Exemple : Marie, moins de 55 ans, a perçu le SMIC (1 823 € brut) pendant 24 mois continus, soit 43 752 € sur 730 jours calendaires. Son SJR ressort à 59,94 €. La formule avec partie fixe l’emporte : 40,4 % de 59,94 € + 13,18 € = 37,40 € par jour. Après la cotisation retraite (environ 1,80 €), il lui reste près de 35,60 € net par jour, soit environ 1 070 € net par mois. Premier versement après un délai d’attente de 7 jours.

Combien de temps, et pourquoi le premier versement tarde

Connaître le montant ne suffit pas : deux autres paramètres déterminent ce que vous touchez réellement, la durée pendant laquelle l’allocation tombe et le délai avant le premier euro.

La durée dépend de vos jours travaillés

Le principe reste simple : un jour travaillé ouvre en gros un jour indemnisable, dans la limite d’un plafond lié à l’âge. Depuis février 2023, un coefficient de 0,75 réduit cette durée de 25 % tant que le taux de chômage national reste sous 9 %, ce qui est le cas actuellement. Les durées maximales effectives s’établissent donc à 18 mois avant 53 ans, 22,5 mois entre 53 et 54 ans, et 27 mois à partir de 55 ans, avec un plancher de 182 jours. Si le marché de l’emploi se dégrade nettement, les 25 % retirés peuvent être rendus, mais seulement sur constat officiel.

Les délais qui repoussent le premier euro

Même dossier complet, le versement ne démarre pas le jour de l’inscription. Un délai d’attente de 7 jours s’applique systématiquement. S’y ajoute un différé congés payés égal au montant de vos indemnités de congés non pris divisé par le SJR. Et si votre employeur vous a versé une indemnité de rupture supérieure au minimum légal, un différé spécifique repousse encore le point de départ, dans la limite de 150 jours (75 jours pour un licenciement économique). Ces différés retardent l’indemnisation, ils ne réduisent pas le montant journalier.

Dégressivité et changements de 2026

Le montant calculé n’est pas figé pour toute la période. Pour les salaires élevés, il peut baisser en cours de route, et plusieurs règles ont évolué en 2026.

La dégressivité réduit l’allocation de 30 % à partir du 7e mois d’indemnisation, mais uniquement pour les allocations journalières brutes supérieures à 92,12 € par jour, ce qui correspond à un ancien salaire d’environ 4 900 € brut mensuels. La réduction ne peut jamais faire descendre l’allocation sous ce seuil de 92,12 €. Depuis le 1er avril 2025, cette mesure ne concerne plus que les personnes de moins de 55 ans à la fin du contrat (contre 57 ans auparavant).

Côté accès, une dérogation est entrée en vigueur le 1er avril 2026 : les demandeurs d’emploi primo-entrants, qui n’ont jamais perçu d’allocation ou plus depuis vingt ans, peuvent ouvrir des droits avec 5 mois de travail (108 jours ou 758 heures) au lieu des 6 mois habituels. Un autre changement se prépare pour la rupture conventionnelle : un accord des partenaires sociaux du 25 février 2026 prévoit, sous réserve de son agrément, de ramener la durée maximale d’indemnisation à 15 mois avant 55 ans et 20,5 mois au-delà, pour les fins de contrat à compter du 1er septembre 2026. Tant que l’agrément n’est pas publié, les durées actuelles s’appliquent.

Indemnité chômage et indemnité de licenciement : ne pas confondre

La confusion la plus coûteuse consiste à croire que l’ARE remplace l’indemnité de départ. Ce sont deux sommes distinctes, versées par deux acteurs différents. L’ARE vient de France Travail et compense la perte de revenu mois après mois. L’indemnité de licenciement vient de l’employeur, se verse en une fois avec le dernier salaire, et se calcule sur votre ancienneté selon un barème sans rapport avec le chômage. Un salarié licencié touche les deux : le capital de l’employeur d’abord, l’allocation de France Travail ensuite.

Pour chiffrer la part due par l’employeur, chaque situation a son outil. Le simulateur de calcul de l’indemnité de licenciement estime le minimum légal selon le salaire et l’ancienneté. En cas de rupture négociée, le simulateur de l’indemnité de rupture conventionnelle donne le plancher en dessous duquel l’employeur ne peut pas descendre. Et pour le détail des sommes remises au départ, congés payés et primes compris, tout figure dans le calcul du solde de tout compte. Ces montants ne changent pas votre allocation, mais l’indemnité supra-légale peut, elle, allonger le différé avant le premier versement.

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Questions fréquentes

Il peut être revalorisé chaque 1er juillet, mais le conseil d’administration de l’Unédic n’a pas voté de revalorisation en 2026 : les montants de juillet 2025 restent en vigueur. À l’inverse, il peut baisser de 30 % au 7e mois pour les allocations supérieures à 92,12 € par jour.

Oui. L’ARE est un revenu imposable, soumis à l’impôt sur le revenu et au prélèvement à la source. Le montant net versé sur votre compte est donc encore diminué de l’impôt selon votre taux personnalisé.

Oui, en activité réduite. France Travail déduit environ 70 % de votre nouveau salaire brut de l’allocation mensuelle, et le total cumulé ne peut pas dépasser votre ancien salaire de référence. Les jours non indemnisés reculent d’autant votre fin de droits.

L’indemnité légale n’a aucun effet sur le montant de l’ARE. Seule une indemnité supra-légale, supérieure au minimum, déclenche un différé spécifique qui retarde le premier versement, dans la limite de 150 jours. Le montant journalier reste inchangé.

Le délai d’attente de 7 jours s’ajoute aux éventuels différés de congés payés et différés spécifiques. En pratique, le premier paiement intervient souvent environ un mois après l’inscription, une fois le dossier étudié et l’actualisation effectuée.