Aller au contenu
Estimer mes droits

Licenciement et congés payés : vos droits et indemnités

Être licencié ne fait pas disparaître les jours de congés que vous avez accumulés sans les prendre. À la rupture du contrat, l’employeur doit vous régler une indemnité compensatrice de congés payés pour chaque jour acquis et non posé. Cette obligation tient quel que soit le motif invoqué, qu’il soit personnel, disciplinaire ou économique.

Une idée tenace voudrait qu’une faute fasse perdre ce droit. Elle est dépassée depuis 2016 : même un licenciement pour faute lourde, le degré le plus grave, n’autorise plus l’employeur à retenir cette somme. Elle s’ajoute aux autres droits du salarié licencié, de l’indemnité de licenciement à l’indemnité de préavis.

Le vrai sujet n’est donc pas de savoir si vous toucherez quelque chose, mais combien, quand, et comment ces congés s’articulent avec votre préavis et votre futur chômage. Trois mécanismes où une erreur de l’employeur peut vous coûter cher.

Vérifiez votre solde de tout compte ligne par ligne

Guide de 15 pages, checklist des 25 points, tableur de calcul et 4 modèles de courriers prêts à personnaliser.

Découvrir le pack17 € · téléchargement immédiat

Vos congés non pris vous sont payés, quel que soit le motif

L’indemnité compensatrice de congés payés couvre tous les jours acquis et non encore posés au jour où le contrat prend fin. Elle est due dès le premier jour de congé acquis, sans condition d’ancienneté minimale, et concerne aussi bien un CDI qu’un CDD arrivé à terme.

📌 L'essentiel

L’indemnité compensatrice de congés payés est due à la rupture quel que soit le motif : licenciement personnel ou économique, mais aussi démission, rupture conventionnelle ou fin de CDD. Depuis une décision du Conseil constitutionnel de 2016, elle reste due même en cas de faute lourde. Elle correspond aux jours acquis et non pris à la date de fin du contrat.

Cette règle vaut pour toutes les ruptures. Un salarié qui démissionne, signe une rupture conventionnelle ou voit son CDD se terminer y a droit dans les mêmes conditions. En cas de décès, ce sont les ayants droit qui perçoivent l’indemnité au titre des congés non soldés. Ce qui change d’une situation à l’autre, c’est le montant, jamais le principe.

Attention à ne pas la confondre avec l’indemnité de licenciement, elle, supprimée en cas de faute grave ou lourde. Les congés payés acquis échappent à cette sanction : ils représentent du repos déjà gagné par le travail fourni, pas une indemnité de rupture. Retenir cette somme expose l’employeur à un rappel devant le conseil de prud’hommes.

Comment se calcule l’indemnité compensatrice de congés payés

Le calcul ne dépend pas de votre ancienneté, mais de votre rémunération et du nombre de jours restants. L’employeur doit comparer deux méthodes et retenir celle qui vous est la plus favorable. La comparaison est obligatoire : il ne choisit pas librement.

MéthodeCalculSouvent plus favorable quand
Règle du dixième1/10e de la rémunération brute totale de la période de référenceVous avez touché des primes ou des heures supplémentaires
Maintien de salaireLa rémunération que vous auriez perçue en travaillant ces joursVous avez été augmenté récemment

La base inclut le salaire et les primes ayant le caractère de salaire, comme la prime d’ancienneté, d’astreinte ou d’objectifs individuels. Elle exclut les sommes qui couvrent déjà toute l’année : prime de fin d’année, intéressement, participation. Depuis la loi du 22 avril 2024, les périodes d’arrêt maladie ouvrent aussi des droits à congés. La rémunération de référence est alors reconstituée pour ces périodes, à 80 % pour un arrêt non professionnel et à 100 % pour un accident du travail ou une maladie professionnelle.

Exemple : un salarié payé 2 000 € brut par mois, avec 26 000 € perçus sur l’année (heures supplémentaires comprises) et 10 jours de congés non pris sur 25 acquis. Au maintien de salaire, son indemnité avoisine 920 €. Au dixième, elle atteint environ 1 040 €. L’employeur retient le dixième : la différence vient des heures supplémentaires, comptées dans cette méthode mais pas dans l’autre.

Congés et préavis : tout dépend du calendrier

Poser des congés pendant son préavis obéit à une règle simple en apparence, piégeuse en pratique : tout dépend du moment où ces congés ont été validés. Avant ou après la lettre de licenciement, les conséquences sur la date de fin du contrat sont opposées.

Congés validés avant la notification : le préavis est suspendu

Si vos congés étaient posés et acceptés par l’employeur avant la réception de votre licenciement, et qu’ils tombent pendant le préavis, ils suspendent ce préavis. Sa fin est repoussée d’autant de jours. Un préavis d’un mois interrompu par une semaine de congés validés s’achève donc une semaine plus tard. Même logique si la lettre de licenciement vous parvient alors que vous êtes déjà en congés : le préavis ne démarre qu’à votre retour.

Congés demandés après la notification : aucun report automatique

Une fois le licenciement notifié, ni vous ni l’employeur ne pouvez imposer la prise des congés restants pendant le préavis. Il faut un accord entre les deux parties, et cet accord ne décale pas la fin du contrat, sauf mention écrite contraire. La fermeture annuelle de l’entreprise qui tombe pendant le préavis ne le prolonge pas non plus : l’employeur vous doit alors une indemnité de préavis pour les jours non travaillés. Un point souvent ignoré concerne la dispense de préavis. Si c’est l’employeur qui vous en dispense, vous continuez à acquérir des congés payés sur toute sa durée. Si la dispense vient de vous, le préavis non exécuté n’ouvre aucun nouveau droit à congés.

Le solde de tout compte : à vérifier avant de signer

L’indemnité compensatrice de congés payés figure sur votre dernier bulletin de paie, sous l’intitulé ICCP, et dans le solde de tout compte que l’employeur vous remet. Ce document liste toutes les sommes versées à la rupture. Le signer trop vite peut vous coûter une partie de vos droits.

  • Le nombre de jours indemnisés correspond à vos congés acquis et non pris
  • L’indemnité compensatrice de préavis figure bien si vous êtes dispensé de l’effectuer
  • Les jours de RTT non pris sont réglés
  • Le calcul retient la méthode la plus favorable, dixième ou maintien de salaire
  • Chaque somme est détaillée ligne par ligne, jamais noyée dans un total global

Si vous signez le reçu sans réserve, vous disposez de six mois pour le contester, par lettre recommandée. Passé ce délai, il devient libératoire pour l’employeur sur les sommes qui y sont mentionnées : vous ne pouvez plus les remettre en cause. L’employeur n’a aucune obligation de vous signaler ce délai, qui court en silence dès la signature. Deux protections existent. Signer en ajoutant la mention manuscrite « sous réserve de tous mes droits » prive le reçu de cet effet libératoire. Et une somme oubliée ou cachée derrière un intitulé trop vague reste contestable malgré la signature, dans le délai de prescription des salaires, soit trois ans. Si vous ne signez rien, ces trois ans s’appliquent à l’ensemble. L’indemnité de congés payés s’ajoute aux autres indemnités de licenciement, et chacune mérite la même vérification.

Avant de signer, passez les 25 points en revue

Le Pack Solde de Tout Compte contient la checklist imprimable, le tableur qui compare les deux méthodes de calcul et les 4 courriers de contestation, dont la dénonciation à envoyer dans les 6 mois.

Voir le pack · 17 €

Cette indemnité retarde votre première allocation chômage

Toucher une indemnité compensatrice de congés payés a une contrepartie peu connue : elle décale le début de votre indemnisation par France Travail. Le principe est qu’une allocation ne se cumule pas avec un revenu censé couvrir la même période.

France Travail applique un différé congés payés. Il transforme votre indemnité en un nombre de jours sans allocation : montant perçu sur les six derniers mois divisé par votre salaire journalier de référence. Ce différé est plafonné à 30 jours, quel que soit le montant. Il s’ajoute à deux autres délais : le délai d’attente incompressible de 7 jours, et, si vous avez perçu des indemnités supérieures au minimum légal, un différé spécifique. Ce dernier divise la part supra-légale par 111,8 en 2026, dans la limite de 150 jours (75 jours pour un licenciement économique). Ces décalages repoussent le premier versement sans réduire la durée totale de vos droits au chômage.

Exemple : une indemnité de congés payés de 640 € avec un salaire journalier de référence de 38 € crée un différé d’environ 17 jours (640 ÷ 38). S’y ajoutent les 7 jours de délai d’attente, soit 24 jours sans allocation à compter de la fin du contrat.

D’où une marge de manœuvre concrète : solder vos congés avant la fin du contrat plutôt que de les laisser indemniser supprime ce différé. Prendre vos jours pendant le préavis, quand l’employeur l’accepte, vaut souvent mieux que les voir convertis en argent qui décale votre chômage. Une exception : le salarié en contrat de sécurisation professionnelle, après un licenciement économique, échappe à ce différé congés payés.

Sur le même sujet

Un licenciement touche d’autres garanties que vos seuls congés. Selon votre contrat, vous pouvez conserver temporairement votre couverture santé et votre prévoyance après le licenciement, bénéficier de la portabilité de votre mutuelle pendant votre période de chômage, et mobiliser vos droits à la formation après un licenciement pour préparer la suite.

Un montant vous semble faux ?

Chiffrez l’écart et contestez par écrit : guide de 15 pages, checklist des 25 points, tableur de vérification et 4 modèles de courriers prêts à personnaliser. 17 €, téléchargement immédiat.

Télécharger le Pack Solde de Tout Compte

Questions fréquentes

Non. L’indemnité compensatrice de congés payés reste due en cas de faute grave, et même de faute lourde depuis 2016. Seule l’indemnité de licenciement, elle, est supprimée pour ces fautes.

Oui. Traitée comme un salaire, elle est soumise à l’impôt sur le revenu, à la CSG et à la CRDS, ainsi qu’aux cotisations sociales. Elle apparaît sur votre dernier bulletin de paie.

Non. Une fois le licenciement notifié, ni vous ni l’employeur ne pouvez imposer la prise des congés restants. Seul un accord entre les deux parties permet de les poser pendant le préavis.

Contestez-le par écrit. Si vous avez signé sans réserve, vous avez six mois pour le dénoncer en lettre recommandée. Une somme oubliée reste réclamable pendant trois ans, le délai de prescription des salaires.

Oui. L’indemnité compensatrice de congés payés est due quel que soit le motif de départ, démission comprise. Seules les indemnités liées à la perte d’emploi diffèrent selon la rupture.