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Licenciement et indemnités : ce à quoi le salarié a droit

Un licenciement ne déclenche pas une indemnité, mais plusieurs, versées d’un coup sur le solde de tout compte. Indemnité de licenciement, indemnité de préavis, indemnité de congés payés : trois sommes distinctes, calculées séparément, et qui ne suivent pas les mêmes règles fiscales. Confondre le total brut affiché et ce qui arrive réellement sur le compte fait partie des erreurs les plus fréquentes.

Le montant dépend de trois variables : l’ancienneté, le motif de la rupture et la convention collective applicable. Une faute grave fait sauter l’essentiel du paquet, là où un licenciement économique peut l’augmenter. Ces sommes ne sont qu’une partie des droits salarié licenciement, qui couvrent aussi le chômage, la mutuelle ou la formation.

Reste à savoir lesquelles de ces indemnités vous sont réellement dues, et à quel niveau. C’est là que se joue l’écart entre le minimum légal et ce qu’un dossier bien tenu permet d’obtenir.

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Salaire brut mensuel2 600
Ancienneté6 ans
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3 900
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Quelles indemnités un licenciement déclenche

Le solde de tout compte d’un salarié licencié additionne en général trois lignes, parfois quatre. Chacune répond à une logique propre et obéit à ses propres conditions de versement.

📌 Ce qu'il faut retenir

L’indemnité légale de licenciement est due dès 8 mois d’ancienneté, hors faute grave ou lourde, à raison de 1/4 de mois de salaire par an jusqu’à 10 ans puis 1/3 au-delà. S’y ajoutent l’indemnité compensatrice de préavis et l’indemnité de congés payés non pris. Seule la première bénéficie d’une exonération d’impôt.

L’indemnité de licenciement compense la perte de l’emploi. Elle est légale, c’est-à-dire fixée par le Code du travail comme un plancher, ou conventionnelle quand la branche prévoit mieux. Dans ce cas, on applique la plus favorable des deux, sans les cumuler.

L’indemnité compensatrice de préavis remplace le salaire du préavis non travaillé. L’indemnité compensatrice de congés payés solde les jours acquis et non pris. Deux autres sommes peuvent s’ajouter selon les situations : une indemnité supra-légale négociée, et les indemnités prud’homales si le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse.

L’indemnité légale de licenciement, le socle

C’est la somme à laquelle pense d’abord un salarié licencié. Son montant ne se devine pas : il découle d’une formule précise et d’un salaire de référence calculé au plus avantageux.

Trois conditions cumulatives ouvrent le droit à l’indemnité légale, auxquelles s’ajoute un réflexe utile.

  • Être en contrat à durée indéterminée (CDI)
  • Justifier d’au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompue chez le même employeur
  • Être licencié pour un motif autre qu’une faute grave ou lourde
  • Vérifier le barème de sa convention collective, souvent plus favorable

Le calcul repose sur deux taux progressifs (article R.1234-2 du Code du travail). L’indemnité vaut au minimum 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté sur les dix premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà de dix ans. Les années incomplètes comptent au prorata des mois.

Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois, primes et gratifications réintégrées au prorata. Ce détail change le résultat dès qu’une prime annuelle entre en jeu, et il est souvent sous-estimé par l’employeur.

AnciennetéIndemnité légale minimale
Jusqu’à 10 ans1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté
Au-delà de 10 ans1/4 par année jusqu’à 10 ans, puis 1/3 par année supplémentaire

Au-delà de dix ans, les deux taux se combinent. Un salarié à quinze ans d’ancienneté cumule dix fractions à 1/4 et cinq fractions à 1/3, calculées sur le même salaire de référence.

Exemple : un salarié payé 2 400 € brut de référence, 12 ans d’ancienneté, licencié pour motif personnel. Indemnité légale = (2 400 × 1/4 × 10) + (2 400 × 1/3 × 2) = 6 000 + 1 600 = 7 600 €.

Près de 98 % des salariés relèvent d’une convention collective, et beaucoup prévoient un barème supérieur au légal, en particulier pour les cadres ou à forte ancienneté. L’employeur doit comparer les deux calculs et verser le plus élevé. Repérer le code IDCC sur le bulletin de paie évite de toucher moins que son dû.

Le préavis et les congés payés s’ajoutent

Ces deux indemnités sont régulièrement oubliées dans l’estimation, alors qu’elles pèsent lourd. Elles répondent à des règles différentes de celles de l’indemnité de licenciement.

L’indemnité compensatrice de préavis est due quand l’employeur dispense le salarié d’effectuer son préavis. Elle n’est pas versée si le salarié a lui-même demandé la dispense, ni en cas de faute grave ou lourde, qui supprime le préavis. Son montant égale le salaire qu’aurait perçu le salarié pendant cette période, primes et avantages compris.

La durée légale du préavis est d’un mois pour une ancienneté entre six mois et deux ans, et de deux mois au-delà de deux ans. Sous six mois, elle dépend de la convention ou de l’usage. De nombreuses conventions allongent ces délais, jusqu’à trois mois pour les cadres.

L’indemnité compensatrice de congés payés solde les jours acquis mais non pris à la date de rupture. Particularité décisive : elle reste due même en cas de faute lourde. Le détail du calcul et des jours concernés relève des règles propres aux congés payés en cas de licenciement.

Ce que vous gardez vraiment selon le motif

Le motif du licenciement ne change pas seulement la procédure : il décide quelles indemnités vous touchez. L’écart entre une faute grave et un licenciement classique se chiffre vite en milliers d’euros.

Une faute grave ou lourde prive le salarié de l’indemnité de licenciement et du préavis. Restent dus les congés payés non pris. La faute lourde, qui suppose une intention de nuire à l’employeur, n’enlève rien de plus sur ce point depuis une décision de 2016.

Cas le plus fréquent
📄

Licenciement hors faute

Indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de préavis et congés payés non pris. Le paquet complet est versé.

⚠️

Faute grave ou lourde

Ni indemnité de licenciement, ni préavis. Seuls les congés payés acquis et non pris restent versés.

Un licenciement économique ouvre, en plus, des dispositifs spécifiques comme le contrat de sécurisation professionnelle ou le congé de reclassement. Dans tous les cas, ces indemnités viennent compléter, sans le réduire, le futur revenu de remplacement : le lien entre licenciement et chômage mérite d’être anticipé dès la rupture.

Impôts et cotisations : pourquoi le net n’égale pas le brut

Deux salariés affichant le même brut peuvent toucher des nets très différents. Tout dépend de la nature de chaque indemnité, car le fisc et l’Urssaf ne les traitent pas de la même façon.

La part correspondant à l’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée d’impôt sur le revenu en totalité. Au-delà, la fraction supra-légale échappe à l’impôt dans la limite du plus élevé de deux montants : deux fois la rémunération brute de l’année précédente, ou la moitié de l’indemnité perçue. Le plafond absolu de cette exonération atteint 288 360 € pour 2026.

Côté cotisations sociales, l’exonération vaut dans la limite de deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026 (le PASS étant fixé à 48 060 €). La CSG et la CRDS suivent une logique proche. Les indemnités très élevées, au-delà de dix PASS, sont taxées dès le premier euro.

IndemnitéImpôt sur le revenuCotisations sociales
Licenciement (légale ou conventionnelle)Exonérée en totalitéExonérée jusqu’à 2 PASS
Compensatrice de préavisImposableSoumise, comme un salaire
Compensatrice de congés payésImposableSoumise, comme un salaire

L’indemnité de préavis et celle de congés payés sont assimilées à un salaire : impôt sur le revenu et cotisations s’appliquent normalement. C’est ce qui explique qu’une part du brut affiché sur le solde de tout compte se transforme en net bien plus modeste sur ces deux lignes.

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Sur le même sujet : au-delà des sommes versées, un licenciement touche d’autres droits. Le maintien de la prévoyance après le licenciement, la portabilité de la mutuelle et les droits liés à la formation après un licenciement prolongent la protection une fois le contrat rompu.

Questions fréquentes

L’indemnité de licenciement et l’indemnité de préavis ne sont pas dues. En revanche, les congés payés acquis et non pris restent versés, même en cas de faute lourde.

Huit mois d’ancienneté ininterrompue chez le même employeur, appréciés à la date d’envoi de la lettre de licenciement. Une convention collective peut prévoir un seuil plus court.

La part légale ou conventionnelle est exonérée d’impôt en totalité. La fraction supra-légale l’est dans la limite de deux fois la rémunération brute annuelle ou de la moitié de l’indemnité, plafonnée à 288 360 € pour 2026.

Oui, lorsque c’est l’employeur qui dispense le salarié du préavis. L’indemnité égale alors le salaire de la période. Rien n’est dû si le salarié a demandé la dispense ou en cas de faute grave.

L’indemnité de licenciement ne réduit pas le montant de l’allocation chômage. En revanche, une indemnité supra-légale peut décaler le point de départ de l’indemnisation via un différé spécifique.